Vendredi 5 décembre 2008 7:19 HNE
![]() Festival TransAmériques ![]() L'invisible: le mystère reste entierJosée Bilodeau est chroniqueuse à Radio-Canada. Une critique de Josée Bilodeau Marie Brassard parle de ce spectacle comme un tournant dans sa création. L'invisible est son quatrième solo après Jimmy, créature de rêve, La Noirceur et Peepshow, tous les trois créés au Festival de Théâtre des Amériques (ancêtre du Festival TransAmériques) et présentés sur plusieurs scènes dans le monde. Plus abstrait, sans trame narrative claire, mais plutôt composé d'ambiances sonores et de fragments de récits poétiques, L'invisible porte toujours les thèmes privilégiés de la performeuse, ses obsessions aussi: l'artiste comme véhicule, l'invisible et ses différentes manifestations.
Habitée par un double invisible et aveugle, l'artiste de la pièce accède au monde étrange de l'obscur, des spectres, des ectoplasmes et des esprits errants pour en revenir dépossédée. Marie Brassard dit s'être inspirée de la mystification autour de JT Leroy, écrivain-héros inventé par une femme (un canular qui a duré 10 ans), et aussi de l'ex-Berlin-Est, qui fait encore sentir sa présence invisible. En partant du fantôme du mur de Berlin, dont le tracé sillonne toujours la ville, le spectacle se construit comme une promenade au-delà du monde matériel, un espace densément peuplé que l'on parcourt avec l'artiste. Mystère L'espace de la scène se remplit peu à peu de présences mystérieuses, animées par les éclairages de Mikko Hynninin et l'environnement sonore d'Alexander MacSween. Les concepteurs et la performeuse créent un tout organique en constante métamorphose qui arrive à matérialiser quelques spectres. Pourtant, malgré la saisissante beauté de certains passages et l'effet enveloppant des ambiances sonores, L'invisible nous traverse sans nous pénétrer. L'émotion demeure hors de portée; le mystère, entier. Marie Brassard est en constante exploration, et ses performances continuent d'évoluer après leur création. Alors peut-être que L'invisible arrivera à nous toucher. Pour l'instant, il se contente de nous effleurer au passage. du 2 au 5 juin À lire aussi 10 juillet 2008 L'envers du décor2 juillet 2008 Petites névroses conjugales9 juin 2008 Wulustek: constat lucide4 juin 2008 L'invisible: le mystère reste entier30 mai 2008 Seagull play: autour de Tchekhov28 mai 2008 Oxygène: une bouffée d'air frais28 mai 2008 mady-baby.edu: la disparue28 mai 2008 La marea: fragments d'humanité26 mai 2008 Rex: humour country21 mai 2008 Pi...?! : le goût de la vie |