Jeudi 8 janvier 2009 14 h 46 HNE
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La lapinette trash de Dave St-PierreLili Marin est journaliste à Radio-Canada.ca Mise à jour le jeudi 27 novembre 2008 à 14 h 59 Une critique de Lili Marin Avertissement: cette chronique relate des scènes de nudité pouvant choquer certains lecteurs. L'auteur de La pornographie des âmes et d'Un peu de tendresse, bordel de merde va encore plus loin dans son étude loufoque de l'hypersexualisation et transgresse de nouveaux tabous dans Warning, la nouvelle pièce qu'il signe pour la compagnie d'interprètes Mandala Sitù.
Avant même que cette création ait pris forme, il avait annoncé ses couleurs en déclamant un poème de révolte face aux compressions des conservateurs, à l'occasion du lancement de la programmation du Théâtre La Chapelle, en septembre dernier: Avec un raisonnement bancal — Poème de Dave St-Pierre Plutôt que de rentrer dans le rang et de chorégraphier quelque chose de sagement exportable, Dave St-Pierre a plutôt choisi l'outrage. En résulte un spectacle d'une grande cohérence, où le malaise n'est heureusement pas gratuit. Parce que s'il y a des images qui « fessent dans le dash », c'est qu'elles remettent en question le sexe et sa place dans la société de consommation, ainsi que la supposée évolution des mentalités. La femme-objet ne relève pas encore du passé, doit-on constater avec Warning.
La scène, tapissée de balles de tennis, se trouve à être le terrain de jeu d'une extravagante lapinette (désarmante Émilie Gratton-Beaulieu) et de trois amazones. Les épisodes cocasses, que ce soit avec des spectateurs ou des accessoires, alternent avec des moments sulfureux. Une oeuvre forte Il y a quelque chose d'animal dans tout ça, et pas seulement les oreilles de lapine en peluche. Les trois danseuses en costume d'Ève déploient une énergie dangereusement primitive, qui culmine avec une parade où la compétition devient carrément agressive, mais non sans humour. Alors que la lapinette se dandine candidement et fait rigoler tout le monde avec ses pitreries et ses cris, les trois amazones imposent un climat suffocant de provocation. Dave St-Pierre va même jusqu'à offrir au regard la partie de l'anatomie féminine que seuls les films x révèlent. Il en rajoute, faisant répéter ce que les Anglais nomment pudiquement le « f word » et qui était une raison de censure dans le désopilant clip Culture en péril. En somme, Warning semble un pied de nez aux conservateurs et à la droite bien pensante, car il condense en une seule soirée tous les ingrédients pour les indisposer. De surcroît, c'est une oeuvre aussi forte sur le plan esthétique que politique. Warning
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