Jeudi 8 janvier 2009 13 h 26 HNE
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Les contes de l'AventLili Marin est journaliste à Radio-Canada.ca Mise à jour le mardi 9 décembre 2008 à 15 h 21 Une critique de Lili Marin
Ils se sont imposés comme une véritable tradition moderne. Depuis bientôt 15 ans, chaque année, les Contes urbains du Théâtre Urbi et Orbi reviennent marquer les sombres soirées de décembre et rappeler que les fêtes ne sont pas toujours gaies pour tout le monde. Le cru 2008 le fait de façon particulièrement efficace. Tous les contes étant d'auteurs différents (sauf le premier et le dernier, qui portent tous deux la griffe d'Harry Standjofski, qui assure également la mise en scène de la soirée), voici des commentaires sur chacune de ces oeuvres. Le plus touchant La douce Linda Roy brise la glace avec une histoire qui commence dans un centre d'achat, se poursuit dans un club de danseuses et se finit - presque - mal dans un restaurant. Une jolie traduction (« Elle a vu mon sourire commencer à surir pis le sien a fané »), signée Daniel Gauthier, d'un texte coécrit par Danette Mackay. Le plus imaginatif Un artiste cynique participe à un essai clinique des laboratoires Harper pharmaceutique (vous avez bien lu). Corrosif et grossier à souhait, inattendu, et livré de manière jouissive par Emmanuel Schwartz, qui s'est mis en bouche le texte de Greg Macarthur. Le mieux joué Si on ne l'avait pas vu, dans cette même salle, jouer de manière convaincante dans Littoral, de Wajdi Mouawad, on pourrait penser que David Boutin EST réellement ce « bon chrétien » choqué par la scène de violence conjugale qui se déroule sous ses yeux dans la rue. Un conte ironique de celle qui tenait auparavant cette chronique, Josée Bilodeau. Le plus typique Écrit par le maître et l'initiateur du genre, Yvan Bienvenue, et interprété par un habitué doué, Joël Marin, M'ssieu Douglâsse comprend tous les ingrédients pour que la sauce prenne: du tragique, de la violence, du sexe, de la solitude, bref, du malheur ordinaire. Le plus percutant Avec La soirée de la dinde, l'auteure et comédienne Marie-Ève Perron se lance dans une charge à fond de train contre les conventions du bonheur domestique, la télé-réalité, les diktats de l'industrie de la mode et des cosmétiques ainsi que le consensus. Une performance qui lui vaut des applaudissements avant la fin. Le plus étrange On connaît André Ducharme comme journaliste culturel, notamment pour le magazine L'actualité. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on ne s'attendait pas à quelque chose d'aussi morbide que Ma soeur mange des boules, que Sébastien René transmet de manière troublante. Le plus autoréférentiel Didier Lucien boucle la boucle en s'adressant au public et au guitariste responsable des intermèdes comme s'ils étaient dans le coup, faisant mine de se remémorer le jeu intense de Sylvie Drapeau dans un des premiers contes urbains. Cette anecdote, que Lucien a préféré servir en attendant de bien maîtriser son texte, sera remplacée dès vendredi par Honte d'Harry Standjofski (traduit par Yvan Bienvenue). Contes urbains À lire aussi 6 janvier 2009 10 bons plans pour la saison23 décembre 2008 Birdhouse factory: détournement d'usine15 décembre 2008 Moeurs en série: la chair des animaux9 décembre 2008 Les contes de l'Avent27 novembre 2008 La lapinette trash de Dave St-Pierre18 novembre 2008 Au Salon bleu avec Lortie10 novembre 2008 L'abjection pinterienne4 novembre 2008 Le monde de René-Daniel Dubois30 octobre 2008 En quête d'un Ailleurs23 octobre 2008 Après la fin: la folie sécuritaire |