Mercredi 20 août 2008 8:56 HAE
![]() «Astérix aux Jeux olympiques» ![]() L'ennui l'emporteMichel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada. Une critique de Michel Coulombe
Pauvres Gaulois! La nouvelle adaptation d'un album de Goscinny et d'Uderzo devait constituer la nouvelle potion magique du cinéma français. Budget pharaonique. Sortie européenne dans plus de 6000 salles. Distribution toutes étoiles. Valeurs sûres du cinéma français: Gérard Depardieu et Alain Delon. Acteurs humoristes: Jamel Debbouze, Frank Dubosc, Élie Semoun et Stéphane Rousseau. Chanteurs: Danny Brillant et Francis Lalanne. Vedettes européennes: l'Allemand Michael Herbig, l'Espagnol Santiago Segura. Sportifs de haut niveau: Amélie Mauresmo, Michael Schumacher, Zinédine Zidane, Jérôme Le Banner et Tony Parker. De plus, le film de Frédéric Forestier et Thomas Langmann est lancé dans le cadre d'une année olympique. Excellent coup de marketing! Intrigue au goût du jour Alors que d'autres se préparent à partir pour Pékin, les intrépides Gaulois se rendent à Olympie. La bande dessinée, publiée il y a 40 ans, a été mise au goût du jour. En clair: on a complètement revu l'intrigue autour d'Alafolix et de Brutus. Le Gaulois Alafolix est amoureux d'une jolie Grecque. S'il veut la conquérir, il lui faut sortir vainqueur des Jeux. Rien de moins. L'ennui, c'est que l'infâme Brutus conçoit le même projet. La compétition est lancée. Certains se dopent à la potion magique. D'autres à l'EPO. Ah! L'esprit sportif... Duel Poelvoorde contre Delon Comme dans l'épisode égyptien conduit par Alain Chabat en 2002, Astérix et Obélix servent de faire-valoir. Le premier raisonne. Le second distribue les baffes. La véritable vedette de ce film est Benoît Poelvoorde. L'acteur belge fait son numéro. Rarement amusant, il faut bien le dire. Seul Alain Delon parvient, face à lui, à imposer sa présence. Dans la peau de César, il donne libre cours à son légendaire penchant narcissique et déclare, impérial: « Ave moi! » Délicieux moment d'autodérision. Si c'est bien de cela qu'il s'agit... Quant à Stéphane Rousseau, le premier à apparaître à l'écran, il s'accroche comme il peut à son emploi, un peu tardif, de jeune premier. Rien à signaler. Pour que le public s'y retrouve Moins déjanté que la précédente adaptation, ce nouvel Astérix multiplie les anachronismes, en accord avec la tradition. Clins d'oeil à la F1, à Cyrano et aux premiers films d'Alain Delon. Emprunts à Ben Hur et à La guerre des étoiles. Citation de tubes de la variété française, de Fais comme l'oiseau à Que je t'aime. Évocation de la retraite de Zidane. Rien n'y manque pour que le public s'y retrouve. Et pourtant... L'ennui l'emporte Malgré les effets numériques, malgré les numéros d'acteurs, la cohorte de rois du gag et le capital de sympathie dont jouissent ces Gaulois, l'ennui emporte le morceau. Le film manque redoutablement de rythme. Certes, on sourit ici et là, sans plus. Ce qui devait être gigantix se révèle plutôt anémix. Peut-être parce qu'on cherche beaucoup trop à plaire, à faire tout ce qu'il faut pour attirer telle tranche du public. Et telle autre. Et aussi celle-là. Si la scénarisation constituait une épreuve olympique, l'équipe de ce film ne gravirait certes pas les marches du podium. Pas sûr même qu'elle se rendrait au fil de départ. Les fans d'Astérix auront vite fait de rendre un verdict. Pathétix. À lire aussi 18 août 2008 Abondance et diversité15 août 2008 Star wars: série sans fin14 août 2008 Le cas Roberge: trentenaires en quête de célébrité1 août 2008 La graine et le mulet: histoire d'une reconquête30 juillet 2008 Famille et baseball25 juillet 2008 Comment y croire?23 juillet 2008 L'attrait du Nord17 juillet 2008 The Dark Knight: noir14 juillet 2008 Vilain garçon au service du bien8 juillet 2008 L'ennui l'emporte |