Vendredi 5 décembre 2008 4:53 HNE

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«Hellboy II: The golden army»

Vilain garçon au service du bien

Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

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cote du film : 3.5

Une critique de Michel Coulombe

Selma Blair et Ron Perlman dans Hellboy

Hellboy est un bien curieux super héros.

II est d'une force herculéenne. Et indestructible. Comme plusieurs de ses collègues.

Mais, dans la vie de tous les jours, il ne ressemble en rien à Clark Kent ou à Bruce Wayne.

Il a la peau rouge. Le corps scarifié. Une musculature puissante. Des cornes élimées. Il porte un bouc. Il a la coiffure d'un samouraï. Un poing de pierre. Une longue queue qui rappelle sa génétique diabolique. De plus, il porte un cache-poussière.

Et il aime les gros calibres.

Enfant, il affectionnait la télé et les bonbons. Aujourd'hui, il préfère le cigare et l'alcool. Un vilain garçon au service du bien...

Le mal dans la mire

Dans le premier film de la série, la créature issue des flammes de l'enfer combattait les forces du mal. Dans le deuxième, Hellboy (Ron Perlman) poursuit le travail.

Le Bureau de la Défense et de la Recherche paranormale doit empêcher le prince Nuada de rassembler les trois parties de la couronne de son défunt père. Lorsqu'il les aura en sa possession, le prince belliqueux prendra la tête de l'armée d'or. Il pourra alors anéantir le genre humain. Vlan! Ne vous demandez pas pourquoi on a tant besoin des super héros!

Comme c'est souvent le cas lorsque l'espèce est en danger, l'action se déroule à New York. Ville de tous les possibles. Menaces comprises. Il faut voir se répandre une nuée de petites bestioles destructrices, ironiquement nommées fées des dents, pour savoir à quoi peut ressembler un cauchemar...

Action, émotion, imagination

Ron Perlman dans Hellboy

Le film est tiré d'une bande dessinée de Mike Mignola.

L'adaptation cinématographique est de Guillermo del Toro. Comme dans Le labyrinthe de Pan, le cinéaste mexicain associe histoire et horreur.

Sauf qu'ici, le cadre historique occupe l'arrière-plan et fait beaucoup moins peur que le régime franquiste. À la longue, ces menaces de fin du monde sentent le réchauffé. Contrairement à l'univers de Guillermo del Toro placé sous le signe de l'imagination. De l'invention.

Le cinéaste n'enferme surtout pas son film dans un genre cinématographique. Les monstres côtoient les androïdes. Un être gazeux dirige une femme torche qui s'enflamme aisément. On passe de références médiévales à un air de Barry Manilow.

Et lorsqu'il y a de l'action, on y ajoute une touche d'humour ou d'émotion. Si Hellboy affronte un monstre végétal, immense et tentaculaire, ce qui compte plus que tout, c'est la quiétude d'un bébé. On n'aurait pas dû troubler son sommeil! Aussitôt le face à face terminé, une image poétique se substitue à la violence. Au diable l'apocalypse, place à l'émerveillement!

Voilà un vent de fraîcheur venu tout droit de l'enfer dans un paysage cinématographique estival réglé sur la conformité...

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