Vendredi 5 décembre 2008 3:16 HNE
![]() Un été sans point ni coup sûr
Famille et baseballMichel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada. Une critique de Michel Coulombe
Les films qui mettent en vedette des enfants ne sont pas obligatoirement destinés aux enfants. Ils constituent souvent l'occasion pour les plus grands, les plus vieux, de se rappeler leur jeunesse. Regard nostalgique sur ces jours bénis où il était encore possible d'être insouciant. Ce que rappelle le jeune Martin, en ouverture et en fermeture d'Un été sans point ni coup sûr. L'histoire se passe en 1969. Cette année-là, l'homme met le pied sur la Lune. Les Expos arrivent à Montréal. Des garçons, et quelques filles, se passionnent pour le baseball. Parmi eux, Martin. Il espère bien sûr assister à un match de l'équipe montréalaise. Martin voudrait tant faire partie de l'équipe locale. Pour cela, il lui faudra le soutien de son père. Mais Charles n'est pas exactement un amateur de baseball... Deux romans, deux adaptations Un été sans point ni coup sûr est la deuxième adaptation d'un livre de Marc Robitaille. Il y a neuf ans, François Bouvier signait Histoires d'hiver. Les parallèles entre les deux livres et les deux films sont nombreux. Leurs histoires se passent en province dans les années 60. Elles sont racontées par un garçon. Fils unique et passionné de sport. Les narrations sont truffées de bons mots. Les garçons se nomment Martin. Leur meilleur ami, Pete. L'un ne pense qu'au hockey, l'autre ne jure que par le baseball. L'un rêve de voir jouer le Canadien, l'autre les Expos. L'un écrit à Henri Richard, l'autre reçoit les conseils de Mack Jones. Dans les deux familles, le père est rigide et la mère plus dégourdie.
Les deux films sont pourtant bien différents. Comme les patinoires de l'hiver diffèrent des terrains de baseball estivaux. Aussi différents l'un de l'autre que Les pots cassés et Mémoires affectives. Le film de François Bouvier est une chronique attendrie. Il présente par petites touches humoristiques le quotidien d'une famille ordinaire. Francis Leclerc emprunte une tout autre direction avec les mêmes ingrédients. Comme s'il avait résisté à la nature populaire de son sujet. Du moins y ajoute-t-il une touche de mélancolie. Deuil. Spectre de la séparation. Défaite. L'esprit des années 60 La reconstitution historique s'appuie sur la musique. Grâce aux récents films québécois, les airs des années 60 font un retour en force! Par ailleurs, la photographie de Steve Asselin rend bien l'esprit de l'époque. Look super 8 compris. Les films québécois à caractère sportif sont de plus en plus nombreux. Nitro et la course automobile. La ligne brisée et la boxe. Un été sans point ni coup sûr et le baseball. Ici, comme d'habitude, le sport n'est pas le véritable sujet. Ce sont en fait les rapports entre un père et son fils qui tissent le fil dramatique. Leur inexistence. Leur rétablissement. Cela donne lieu à des scènes touchantes. Très sobre, Patrice Robitaille, dans le rôle du père, est d'une grande justesse. Vu sa taille, il paraît peu vulnérable face à Roy Dupuis, un entraîneur tout d'une pièce, sculpté dans le granit. Un été sans point ni coup sûr réveillera des souvenirs chez les baby-boomers. Il donnera probablement l'envie, spontanée, à bien des pères de se rapprocher de leur rejeton. Cela explique en partie la popularité du baseball sur ce continent... À lire aussi 28 novembre 2008 Babine: conte fantastique26 novembre 2008 Australia: trop de tout20 novembre 2008 Un oeil sur le réel14 novembre 2008 La recette James Bond13 novembre 2008 Faut que ça danse!: entre le drame et le rire6 novembre 2008 Mes amis, mes amours: matière à sitcom31 octobre 2008 Changeling: infatigable Clint Eastwood27 octobre 2008 Le déserteur: le drame d'un conscrit24 octobre 2008 Le cinéma du monde en Abitibi17 octobre 2008 Encore de bons films à voir |