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Le cas Roberge: trentenaires en quête de célébrité

Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

cote du film : 2.5

Une critique de Michel Coulombe

Le cas Roberge

Photo: © 2007 Alliance Films

Le cinéma commercial se nourrit de notoriété. Il récupère tout ce qui bouge, tout ce qui attire l'oeil du public. Naturel, donc, que la popularité croissante de certaines cyberséries intéresse producteurs et distributeurs. Comme en fait foi Le cas Roberge, film à petit budget.

Ce Roberge se prénomme Benoit. Comme son créateur, il s'intéresse au cinéma. En fait, ce qui branche le malheureux trentenaire, c'est la notoriété. Il en rêve. Roberge ne trouve pas son compte dans une émission de radio de nuit. Il en a assez d'être un chroniqueur d'été. Il part alors pour Rouyn-Noranda avec un ami. Sur les traces de Jean-Luc Godard, de passage dans la région en 1968. L'anecdote suffit aux deux hommes pour avoir envie de se lancer, sans trop avoir d'idée, dans l'écriture d'un long métrage... Il ne sert à rien de chercher à comprendre la logique de leur démarche. Appelons ça une dérive.

Comme L'horloge biologique, Le cas Roberge s'intéresse aux hommes de trente ans. Des urbains que l'engagement n'emballe pas plus que ça. Mais la trame principale du film se trouve ailleurs. Dans la célébrité. Au début du film, l'un des quatre personnages masculins est une star médiatique. Un autre l'a déjà été. Un troisième rêve de gloire. Le dernier joue dans une émission pour enfants. Tous changeront de place. Ainsi en va-t-il de la célébrité. Tantôt on descend, tantôt on monte. Serpent et échelle. Autour d'un antihéros antipathique dont les angoisses laissent froid.

Des noms connus

Le cas Roberge

Photo: © 2007 Alliance Films

Le cas Roberge

Les quatre principaux interprètes du film sont relativement connus. On utilise leurs prénoms et ils jouent des personnages qui leur ressemblent. La technique n'est pas nouvelle. Stéphane Bourguignon y recourt avec invention dans la série Tout sur moi. Dans Le cas Roberge, c'est moins efficace. Il se trouvera néanmoins des fans de Benoit Roberge, Sébastien Benoit, Jean-Michel Dufaux et Stéphane E. Roy pour prendre plaisir à ce jeu de piste. Ils entrapercevront aussi les Marie Plourde, Yves Pelletier, Claude Jasmin, Bruny Surin et autres Jean-Thomas Jobin. Comme bon nombre d'entre eux jouent plutôt faux, on peut parler d'un jeu d'ensemble...

D'ailleurs, le film multiplie les allusions à des noms connus. Godard, bien sûr. Boris Vian et Jerome David Salinger. Madonna et Sean Penn. Richard Desjardins et Ernest Hemingway. Blaise Pascal, Samuel Beckett et Douglas Coupland. Du beau monde.

D'autres cinéastes avant Raphaël Malo ont dû admettre qu'il n'était pas facile d'aborder le thème de la célébrité. Notamment Denys Arcand et Woody Allen. On ne saurait blâmer l'équipe du Cas Roberge d'avoir tenté l'aventure. L'ennui, c'est qu'ils n'ont pas grand-chose à dire. Pas de mordant. Peu de maîtrise du langage cinématographique. De la difficulté à construire une histoire qui se tient. Cela donne un film plutôt anodin. Il fait sourire ici et là. Parfois pour de mauvaises raisons, comme lorsque l'on évoque l'été et que l'on voit l'hiver. Euh...

Au final, hélas, on se demande s'il ne vaudrait pas mieux transformer ce film en une série de capsules. On pourrait alors les diffuser sur Internet!

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Une capsule de 90 minutes
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