Vendredi 5 décembre 2008 6:27 HNE
![]() Festival des films du monde
La dernière ligne droiteMichel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada. Une critique de Michel Coulombe Le 32e Festival des films du monde entreprend sa dernière étape. Celle qui conduit au palmarès final et au film de clôture, Home d'Ursula Meier. Un film qui met en vedette Isabelle Huppert. D'ici là, les cinéphiles, souvent nombreux dans les salles, continueront d'explorer une foule d'univers cinématographiques et de se refiler des tuyaux. Il faut absolument voir telle comédie. Fuir tel documentaire. Profiter du beau temps pour assister à une projection extérieure. Faire le plein de cinéma.
Le cinéma français est bien représenté au festival. Dans la catégorie « Préparez vos mouchoirs », on verra Comme une étoile dans la nuit de René Féret. Le film suit l'évolution de la maladie de Hodgkin chez un homme qui avait, jusque-là, tout pour être heureux. Il suit surtout le combat d'un couple qui doit affronter des vents contraires. Dépouillé et émouvant. Le film est inspiré d'une histoire vraie. Le film mexicain El viaje de Teo de Walter Doehner propose une variation sur un sujet qui a déjà inspiré beaucoup de fictions et de documentaires. Le mur entre le Mexique et les États-Unis. Cette frontière barricadée entre les deux a inspiré bien des histoires tragiques. El viaje de Teo se distingue des précédentes en épousant le point de vue d'un enfant. Le jeune Teo tente une traversée clandestine pour retrouver son père. Cela peut paraître exceptionnel. On apprend à la fin que le récit fait écho à l'expérience, bien réelle, de nombreux enfants mexicains. Des documentaires Plusieurs documentaires sont également au menu. Hors des États-Unis, nombreux sont ceux qui ont découvert une émission de radio américaine devenue une véritable institution grâce à Robert Altman. Le film, son dernier, s'intitule A prairie home companion. Les chansons country s'y entremêlent aux monologues de l'animateur. Les bruiteurs y côtoient les acteurs. Tout cela devant public. Peter Rosen a consacré un documentaire au sujet, Garrison Keillor: The man on the radio in the red shoes. On y fait la connaissance du principal artisan de cette institution radiophonique. Un homme réservé. Un auteur populaire. Maradona by Kusturica met en scène un duo plutôt surprenant. Une mégastar du foot et un cinéaste hors catégorie. On les suit en Argentine, en Italie, à Cuba. Le Serbe a eu beau faire, l'Argentin fait à sa tête. Tantôt d'une candeur absolue, tantôt insaisissable. Ce documentaire présente un altermondialiste qui n'a pas la langue dans sa poche. Il critique les dirigeants américains sans s'embarrasser de rectitude politique. Le film prend la mesure du culte que l'on voue au maître du foot dans son pays. N'a-t-il pas inspiré la création d'une église maradonienne...
Le festival souligne, lui aussi, le 400e anniversaire de Québec en présentant Folle de Dieu de Jean-Daniel Lafond. On y suit la démarche d'une actrice, guidée par le cinéaste. Elle cherche à comprendre un personnage qu'elle est censée interpréter. La très mystique Marie de l'Incarnation. Cette femme a tout laissé derrière elle, à commencer par son fils, pour refaire sa vie en Nouvelle-France. Entre le documentaire et la fiction, le film réserve quelques belles rencontres, notamment entre l'interprète principale, Marie Tifo, et celles qui la guident, la chorégraphe Marie Chouinard et la musicologue Louise Courville. Mais encore faut-il avoir envie de ce genre d'extase. D'excellents courts métrages Plusieurs excellents courts métrages sont aussi au programme. Soulignons-en deux. Dans The graffiti of Mr. Tupaia de Chris Dudman, un concierge des Îles Cook communique avec une inconnue par l'entremise des graffitis que tous les deux écrivent dans les cabinets de toilette. L'anonymat permet parfois d'exprimer des sentiments qu'on tairait en d'autres circonstances... Le film est de Nouvelle-Zélande. Israël propose un court métrage beaucoup plus inquiétant, On the road to Tel Aviv de Khen Shalem. Des passagers refusent de monter à bord d'un autobus par crainte d'être victimes d'un kamikaze. Reste à voir si le bus dont ils descendent est moins dangereux que celui dans lequel ils choisissent de monter. Allez savoir! Le film traduit bien les sentiments exacerbés de ceux qui doivent vivre quotidiennement avec la peur. À lire aussi 28 novembre 2008 Babine: conte fantastique26 novembre 2008 Australia: trop de tout20 novembre 2008 Un oeil sur le réel14 novembre 2008 La recette James Bond13 novembre 2008 Faut que ça danse!: entre le drame et le rire6 novembre 2008 Mes amis, mes amours: matière à sitcom31 octobre 2008 Changeling: infatigable Clint Eastwood27 octobre 2008 Le déserteur: le drame d'un conscrit24 octobre 2008 Le cinéma du monde en Abitibi17 octobre 2008 Encore de bons films à voir |