Jeudi 8 janvier 2009 13 h 42 HNE

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Vicky Cristina Barcelona

Amours d'été façon Woody Allen

Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

cote du film : 3.5

Une critique de Michel Coulombe

« On part dans une heure pour le week-end et on fait l'amour à trois. » On aura beau dire, Woody Allen parvient encore à surprendre. Même ses spectateurs les plus fidèles!

Ces dernières années, le plus new-yorkais des cinéastes s'est refait une réputation en Europe. Il avait fort à faire pour effacer le mauvais souvenir laissé par les quelconques Melinda and Melinda, Anything else, Hollywood ending et autres The curse of the jade scorpion.

La période anglaise de Woody Allen s'apparente à une forme de rédemption. Match point a indiscutablement redoré son blason. Il refait maintenant surface en Espagne. Ou plutôt en Catalogne, à Barcelone, en bonne forme.

Penélope Cruz, Javier Bardem et Scarlett Johansson dans Vicky Cristina Barcelona

Photo: Warner Bros

Penélope Cruz, Javier Bardem et Scarlett Johansson dans Vicky Cristina Barcelona

Un été à Barcelone

Le célèbre septuagénaire reprend à sa façon un thème bien connu de ceux qui fréquentent les salles de cinéma. Les amours d'été. Celles qui s'enflamment au soleil puis s'évanouissent avec la belle saison.

Deux jolies Américaines passent l'été à Barcelone. L'une est aventureuse, l'autre prudente. Cela les conduira toutes les deux au même homme. Au même moment, une maîtresse au tempérament de feu réapparaît dans la vie du séducteur au sang chaud.

Ce qui élève ce film au-dessus de la plupart des oeuvres produites sur le même thème c'est d'abord les acteurs réunis par le cinéaste. Scarlett Johansson collabore pour la troisième fois avec le réalisateur de Manhattan et de Annie Hall. Rebecca Hall, qui partageait déjà l'affiche de The prestige avec Johansson, complète le duo de vacancières.

Penélope Cruz, volcanique, ajoute une touche latine à la distribution féminine. Elle rend plausibles des scènes qui, sans elle, sombreraient probablement dans le ridicule. Chaque fois qu'elle croise Javier Bardem, le coq de ce poulailler catalan, l'écran se charge d'électricité. Quant à l'acteur, il est aussi crédible en séducteur latin qu'en psychopathe assassin dans No country for old men.

Création, drame et comédie

Quiconque tourne à Barcelone succombe vraisemblablement à ses charmes. Woody Allen ne fait pas défaut à la règle. Il rend hommage à l'oeuvre d'Antonio Gaudi. Il fait entendre de la guitare flamenco. Et il fait des pirouettes pour justifier la prépondérance de l'anglais dans les dialogues.

Qu'il tourne à New York ou à Barcelone, le cinéaste se montre fidèle à ses obsessions. Ses angoisses. Ainsi met-il, cette fois encore, la création artistique en évidence. Les amoureux évoluent dans un monde fait de cinéma, de peinture, de musique, de photographie et de poésie.

Javier Bardem et Rebecca Hall

Photo: Warner Bros

Javier Bardem et Rebecca Hall

Woody Allen tourne un film par an depuis le début des années 70. Cela lui confère un indéniable savoir-faire. Et une forme de liberté qui semble le dispenser de soigner certains détails. Tant pis si telle scène paraît invraisemblable. Qu'importe s'il est peu crédible que les personnages se croisent par hasard. Il se concentre sur les deux triangles amoureux qu'il a formés.

Et sur la trame de fond, cette vie que l'on choisit, ou que l'on ne choisit pas. Il en résulte un film léger, passionné, énergique, au carrefour du drame et de la comédie. Un vent de fraîcheur au bout d'un été dominé par les Hancock, Hellboy, Hulk, Iron Man, Batman et autres superhéros.

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