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Le déserteur: le drame d'un conscritMichel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada. Mise à jour le lundi 27 octobre 2008 à 8 h 33 Une critique de Michel Coulombe Le cinéma québécois s'enrichit, actuellement, d'une génération de cinéastes qui se sont affirmés du côté du court métrage. Stéphane Lafleur, Rafaël Ouellet, Denis Côté, Henry Bernadet, Maxime Giroux. Et maintenant Simon Lavoie, réalisateur du Déserteur. À son premier film, il s'attaque à un sujet historique: la conscription. L'histoire est inspirée d'un fait divers du début des années 40. Un jeune homme s'engage alors sous les drapeaux. Mais un jour, il décide de quitter l'armée. Au péril de sa vie. Le film s'intéresse tout particulièrement aux causes et aux conséquences de son geste.
À bien y regarder, il est assez peu question de la Deuxième Guerre mondiale dans les films québécois. Il y a plus de 55 ans, Gratien Gélinas racontait l'histoire d'un soldat de retour du front dans Tit-Coq. Bien plus tard, Micheline Lanctôt s'est intéressée aux prisonniers allemands dans La vie d'un héros. Par ailleurs, cette guerre occupe l'arrière-plan du film Les Plouffe de Gilles Carle. Enfin, chacun à leur manière, Clément Perron et Claude Fournier ont témoigné de l'attitude des jeunes Canadiens français appelés sous les drapeaux. L'un dans Partis pour la gloire, l'autre dans Je suis loin de toi mignonne. Un film intimiste Simon Lavoie aborde le sujet dans le registre intimiste. Plutôt que de construire son film en crescendo ou à la manière d'un suspense, il fait la chronique d'une mort annoncée. Il faudra tout le film pour qu'un journaliste obtienne véritablement réponse à la question: « Que s'est-il passé? » Afin de repousser le moment de dénouer l'énigme, le cinéaste opte pour la déconstruction. Le film fait de constants allers-retours entre 1942 et 1944 dans un montage guidé par les émotions du personnage central, Georges Guénette.
Le cinéaste a confié le rôle-titre, celui du déserteur, à Émile Proulx-Cloutier. Celui-ci s'est fait remarquer au cinéma comme auteur d'un court métrage, Papa. Dans Le déserteur, il donne la réplique à ses propres parents, Danielle Proulx et Raymond Cloutier, qui reconstituent à l'écran la cellule familiale. Leur complicité constitue un atout évident pour le film. Le déserteur fonctionne sur la retenue. Ce choix de mise en scène donne du poids à certaines scènes qui, dès lors, se passent aisément de dialogues. Mais à l'occasion cela conduit à une certaine raideur. Et certains personnages paraissent bien unidimensionnels. Le cinéaste propose de longs plans, une musique dépouillée et une reconstitution historique simplifiée qui se résume à quelques maisons, quelques automobiles et quelques airs du Soldat Lebrun. Le film n'en est pas moins éloquent. Il témoigne du fossé qui s'installe parfois entre le peuple et les élites. Les premiers à la recherche d'un bonheur simple, les deuxièmes prêts à tout pour faire triompher une logique de guerre. N'apprend-on jamais des erreurs du passé? À lire aussi 8 janvier 2009 2009, une année d'abondance31 décembre 2008 Une avalanche de films24 décembre 2008 Benjamin Button: de vieux bébé à jeune vieillard23 décembre 2008 The wrestler: le retour de Mickey Rourke16 décembre 2008 Claude Meunier, réalisateur15 décembre 2008 Films et séries sous le sapin11 décembre 2008 Les films du temps des Fêtes28 novembre 2008 Babine: conte fantastique26 novembre 2008 Australia: trop de tout20 novembre 2008 Un oeil sur le réel |