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Histoire vécue

Changeling: infatigable Clint Eastwood

Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

Mise à jour le vendredi 31 octobre 2008 à 12 h 05

Une critique de Michel Coulombe

Clint Eastwood a-t-il bien 78 ans? La question mérite d'être posée. On pourrait en douter... Aussitôt après avoir consacré deux films à la bataille d'Iwo Jima, le célèbre interprète de Sergio Leone a produit et réalisé Changeling.

Changeling

Photo: changelingmovie.net

Depuis lors, loin d'être à bout de souffle, il a aussi produit et réalisé Gran Torino. Un film dont il tient le rôle principal. Celui d'un vétéran de la guerre de Corée qui peut en remontrer à un adolescent. Du sur mesure...

Comme Letters from Iwo Jima et Flags from our fathers, Changeling est inspiré d'une histoire vraie. En 1928, à Los Angeles, un garçon est porté disparu. Sa mère, Christine Collins, monoparentale, se meurt d'inquiétude. La police résout l'affaire de manière plutôt inattendue.

Dans une mise en scène incroyablement cynique, devant le flash des photographes, elle rend un enfant à cette mère éplorée. Il y a tout de même un problème. Ce n'est pas le sien... Le cinéaste s'est déjà intéressé à une histoire de rapt d'enfant. Dans Mystic River.

Contre l'injustice

Clint Eastwood ne prétend pas à l'objectivité. Tout au contraire. Dans Changeling, il prend fait et cause pour celle qui subit l'injustice. Il résiste avec elle. Il se range à ses côtés et espère le triomphe de la vérité.

Un tel combat a quelque chose d'universel. Qui n'a pas eu, un jour, à faire face à des imbéciles qui mentent obstinément et accusent à tort et à travers, convaincus qu'ils demeureront impunis parce qu'ils détiennent le pouvoir. Voilà pourquoi on aime tant ceux et celles qui se tiennent droit malgré les vents contraires.

Le cinéaste a confié le rôle principal à Angelina Jolie. La très médiatique actrice américaine campe avec aplomb cette femme affranchie qui réclame inlassablement son enfant.

Lèvres rouges et chapeau cloche. Le choix de l'interprète laisse songeur lorsque l'on se souvient que la véritable Christine Collins n'était pas très jolie. Ce qui ne facilitait pas, paraît-il, sa médiatisation. John Malkovich est irréprochable en pasteur presbytérien qui pourfend une police corrompue.

Peut-être, au fond, Clint Eastwood a-t-il bel et bien 78 ans... Aux commandes d'une telle histoire, il aurait pu opter pour le thriller. Il aurait pu insister sur les aspects les plus sinistres d'un récit aux multiples rebondissements. Il préfère ne pas précipiter les choses.

D'ailleurs, le film fait plus de deux heures vingt! Il fait preuve de retenue, comme à son habitude, et se concentre sur la pulsion au coeur de ce drame. La voix d'une femme un peu trop parfaite qui défend la vérité. Elle est accompagnée par une musique triste et mélodieuse. Celle d'un certain Clint Eastwood...

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