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Marc Lévy

Mes amis, mes amours: matière à sitcom

Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

Mise à jour le jeudi 6 novembre 2008 à 16 h 03

cote du film : 2

Une critique de Michel Coulombe

Peu d'auteurs français ont su, aussi rapidement que Marc Lévy, fidéliser un lectorat important. Lévy appartient au club sélect des auteurs populaires.

Normal, donc, que le cinéma s'intéresse à lui. Il y a d'abord eu une adaptation américaine (Just like heaven). Puis une série télévisuelle (Où es-tu?). Et maintenant, une comédie sentimentale française. Réalisée par la soeur de l'auteur, Lorraine Lévy.

Mes amis, mes amours

Détail de l'affiche de Mes amis, mes amours

Le titre de son film offre un résumé honnête de ce que l'on y raconte. Amours et amitiés. Mathias s'installe à Londres. L'idée lui a été soufflée par Antoine, son meilleur ami. Cela dit, Mathias a une autre raison de se rendre dans la capitale anglaise. C'est là qu'habitent son ancienne femme et leur fille.

Entre boulevard et comédie américaine

Voilà comment cet homme, qui n'a pas un sou, devient propriétaire d'une librairie française. Il ne lui reste plus qu'à se mettre en ménage avec Antoine, architecte esseulé, comme le personnage de Just like heaven. En fait, Mathias et Antoine offrent une version 21e siècle du célèbre duo de The odd couple. Modèle pères divorcés.

Le film repose sur les épaules de Vincent Lindon. Immédiatement reconnaissable à son air de chien battu. Ce qu'on lui rappelle avec finesse en lui présentant un chien qui fait exactement la même tête! Quant à son interprétation, rien à signaler...

Mes amis, mes amours se situe au carrefour des traditions française et anglo-saxonne. Entre le boulevard et la comédie américaine. Certes, tout se passe à Londres, mais tout le monde parle français. Rarement cette ville a-t-elle semblé aussi peu vivante.

Matière à sitcom

La comédie ouvre, en voix hors champ, sur un malentendu peu crédible. Que faisais-tu avec cette femme?, lui demande-t-elle. Cette situation artificielle n'a rien de structurant. Une accroche bâclée à l'image du reste du scénario.

Tantôt, l'on bricole un quiproquo cousu de fil blanc autour d'une prétendue institutrice, plus loin on provoque la mort subite d'un des personnages. De plus, on répète à peu près chaque information et, pour ceux qui n'auraient pas encore compris, l'on y ajoute des chansons aux titres évocateurs comme We are family ou Falling in love again. Dans ce contexte, faut-il se surprendre d'entendre des répliques creuses comme: « Le vertige, c'est la peur du vide. »

Mes amis, mes amours est un film anodin. Vite fait, vite oublié. Le modèle est probablement américain. Mais on peut douter que les Américains voient là autre chose que matière à sitcom. Ce en quoi ils auraient parfaitement raison.

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