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Comédie

Faut que ça danse!: entre le drame et le rire

Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

Mise à jour le jeudi 13 novembre 2008 à 13 h 51

cote du film : 3

Une critique de Michel Coulombe

La danse sociale semble ne s'être jamais si bien portée. Les chaînes de télévision multiplient les émissions où des inconnus ou des vedettes bougent sur un air de tango ou sur une pièce hip-hop.

La comédie musicale effectue, régulièrement, un retour inespéré au grand écran. Et l'on ne compte plus les films où l'on fait, pour un oui ou pour un non, trois pas de danse.

Jean-Pierre Marielle et Philippe Nagau

Photo: UGC

Jean-Pierre Marielle et Philippe Nagau

Êtes-vous plutôt Rumba ou Shall We Dance? Avec un titre comme Faut que ça danse!, on pourrait croire que le film de Noémie Lvosky se situe dans ce courant. Il n'en est pourtant rien.

Certes, le personnage central, Salomon, suit un cours de danse. Mais lorsqu'on le voit partager son expérience à la télévision, on se demande si on a raté quelque chose tant l'idée est peu fouillée. On compte tout au plus deux minutes de danse dans ce film. Amateurs s'abstenir!

Faut que ça danse! brosse le portrait d'une famille. Une famille dysfonctionnelle comme tant d'autres. Les Bellinsky. Parents et fille. Le (vieux) couple est séparé depuis de nombreuses années. Leur fille a le début de la quarantaine.

Jean-Pierre Marielle et Valeria Bruni Tedeschi

Photo: UGC

Jean-Pierre Marielle et Valeria Bruni Tedeschi

Salomon place des petites annonces pour refaire sa vie. De préférence avec une femme plus jeune que lui. Comme il a plus de 75 ans, c'est souvent le cas... Sa femme n'a plus toute sa tête. Quelqu'un doit veiller sur elle en permanence. Quant à Sarah, elle s'est faite à l'idée qu'elle n'aurait pas d'enfant. Mais la vie, parfois...

Le nouveau film de la réalisatrice de Sentiments a deux références. Les Juifs et le cinéma. Les Bellinsky sont juifs. La communauté juive n'est jamais très loin. Salomon et sa fille se rendent ensemble au Mémorial de la Shoah.

Lorsque Sarah fait des cauchemars, c'est pour imaginer Hitler se mettant au lit dans une chambre couverte de croix gammées. Quant au cinéma, il fait partie de la conversation (Le Parrain), il sert de source d'inspiration (Fred Astaire) et il offre une excellente occasion de sortie (In the soup). La cinéphilie française est insatiable...

Solide distribution

Le film s'appuie sur une solide distribution. Jean-Pierre Marielle donne une certaine dignité à un homme bombardé par les signes annonciateurs de la mort. Bulle Ogier campe un personnage qui semble vivre dans un monde parallèle.

Sabine Azéma joue pour sa part la névrosée au tempérament théâtral, dans un registre qui, comme c'est souvent le cas, étonne pour une femme de son âge. Valeria Bruni-Tedeschi ajoute son nom à la longue liste des femmes au bord de la crise de nerfs. Tous sont excellents.

Faut que ça danse! se situe entre le drame et le rire. Appelons ça une comédie grave et nostalgique. Il y est question de la mort, de la folie, de la solitude, de la famille. La réalisatrice varie les registres. Elle soutient l'intérêt en proposant une galerie de personnages aux comportements plutôt étranges.

Sarah raconte l'histoire de sa famille, avec ses hauts et ses bas, ses joies et ses petits malheurs, sans enjeux dramatiques précis ni résolution finale. Ce qui prime dans ce film divertissant, mais inégal, c'est la vie. La force vitale qui s'y exprime. Cela constitue probablement la principalement raison de vouloir accompagner ce bon vieux Marielle dans cette danse parisienne.

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