Jeudi 8 janvier 2009 13 h 42 HNE
![]() Comédie
Faut que ça danse!: entre le drame et le rireMichel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada. Mise à jour le jeudi 13 novembre 2008 à 13 h 51 Une critique de Michel Coulombe La danse sociale semble ne s'être jamais si bien portée. Les chaînes de télévision multiplient les émissions où des inconnus ou des vedettes bougent sur un air de tango ou sur une pièce hip-hop. La comédie musicale effectue, régulièrement, un retour inespéré au grand écran. Et l'on ne compte plus les films où l'on fait, pour un oui ou pour un non, trois pas de danse.
Êtes-vous plutôt Rumba ou Shall We Dance? Avec un titre comme Faut que ça danse!, on pourrait croire que le film de Noémie Lvosky se situe dans ce courant. Il n'en est pourtant rien. Certes, le personnage central, Salomon, suit un cours de danse. Mais lorsqu'on le voit partager son expérience à la télévision, on se demande si on a raté quelque chose tant l'idée est peu fouillée. On compte tout au plus deux minutes de danse dans ce film. Amateurs s'abstenir! Faut que ça danse! brosse le portrait d'une famille. Une famille dysfonctionnelle comme tant d'autres. Les Bellinsky. Parents et fille. Le (vieux) couple est séparé depuis de nombreuses années. Leur fille a le début de la quarantaine.
Salomon place des petites annonces pour refaire sa vie. De préférence avec une femme plus jeune que lui. Comme il a plus de 75 ans, c'est souvent le cas... Sa femme n'a plus toute sa tête. Quelqu'un doit veiller sur elle en permanence. Quant à Sarah, elle s'est faite à l'idée qu'elle n'aurait pas d'enfant. Mais la vie, parfois... Le nouveau film de la réalisatrice de Sentiments a deux références. Les Juifs et le cinéma. Les Bellinsky sont juifs. La communauté juive n'est jamais très loin. Salomon et sa fille se rendent ensemble au Mémorial de la Shoah. Lorsque Sarah fait des cauchemars, c'est pour imaginer Hitler se mettant au lit dans une chambre couverte de croix gammées. Quant au cinéma, il fait partie de la conversation (Le Parrain), il sert de source d'inspiration (Fred Astaire) et il offre une excellente occasion de sortie (In the soup). La cinéphilie française est insatiable... Solide distribution Le film s'appuie sur une solide distribution. Jean-Pierre Marielle donne une certaine dignité à un homme bombardé par les signes annonciateurs de la mort. Bulle Ogier campe un personnage qui semble vivre dans un monde parallèle. Sabine Azéma joue pour sa part la névrosée au tempérament théâtral, dans un registre qui, comme c'est souvent le cas, étonne pour une femme de son âge. Valeria Bruni-Tedeschi ajoute son nom à la longue liste des femmes au bord de la crise de nerfs. Tous sont excellents. Faut que ça danse! se situe entre le drame et le rire. Appelons ça une comédie grave et nostalgique. Il y est question de la mort, de la folie, de la solitude, de la famille. La réalisatrice varie les registres. Elle soutient l'intérêt en proposant une galerie de personnages aux comportements plutôt étranges. Sarah raconte l'histoire de sa famille, avec ses hauts et ses bas, ses joies et ses petits malheurs, sans enjeux dramatiques précis ni résolution finale. Ce qui prime dans ce film divertissant, mais inégal, c'est la vie. La force vitale qui s'y exprime. Cela constitue probablement la principalement raison de vouloir accompagner ce bon vieux Marielle dans cette danse parisienne. À lire aussi 8 janvier 2009 2009, une année d'abondance31 décembre 2008 Une avalanche de films24 décembre 2008 Benjamin Button: de vieux bébé à jeune vieillard23 décembre 2008 The wrestler: le retour de Mickey Rourke16 décembre 2008 Claude Meunier, réalisateur15 décembre 2008 Films et séries sous le sapin11 décembre 2008 Les films du temps des Fêtes28 novembre 2008 Babine: conte fantastique26 novembre 2008 Australia: trop de tout20 novembre 2008 Un oeil sur le réel |