Jeudi 8 janvier 2009 8 h 29 HNE
![]() Drame épique
Australia: trop de toutMichel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada. Mise à jour le mercredi 26 novembre 2008 à 13 h 38 Une critique de Michel Coulombe Il suffit du titre pour comprendre l'ambition du nouveau film de Baz Luhrmann (Moulin Rouge). Australia. Rien de moins. Qu'il suffise à titre de comparaison d'imaginer un film qui s'intitulerait Canada. Et les réactions que cela susciterait... Australia tient à la fois du drame de guerre, du western, du film romantique que du fantastique. Tout cela autour de l'histoire d'une Anglaise très comme il faut, Lady Ashley. En 1939, elle doit se rendre dans le nord de l'Australie pour y enterrer son mari. Elle hérite de sa vaste propriété et de son troupeau. Cadeau empoisonné. Car son arrivée ne plaît pas à tout le monde.
Il lui faudra trouver un allié solide pour résister aux attaques de la concurrence. Elle découvrira beaucoup plus que cela. Très vite, elle constituera autour d'elle une véritable famille. Un veuf, une veuve, un orphelin... Une famille moderne, et éminemment australienne. L'Australie en vedette Le cinéaste ne lésine pas sur la couleur locale. Paysages spectaculaires. Prises de vue aériennes. Vie sauvage. On voit même des kangourous, une figure imposée traitée avec humour. Et puis, surtout, il y a les aborigènes. Leurs traditions. Leurs pouvoirs magiques. La ségrégation dont ils ont, trop longtemps, été les victimes. Ils sont au coeur de l'histoire australienne que l'on raconte. D'ailleurs, la narration est assurée par un garçon issu du métissage: Nullah. Il symbolise clairement un pays où il importe de réconcilier les premières nations et l'homme blanc. Tout cela sur l'air de Somewhere over the rainbow, que l'on chante, que l'on fredonne, que l'on joue à l'harmonica. Duo d'acteurs Baz Luhrmann a constitué le duo d'acteurs australiens par excellence: Nicole Kidman et Hugh Jackman. L'actrice accompagne son personnage dans ce qui ressemble beaucoup à un virage à 180 degrés. Sarah Ashley apparaît d'abord comme une pure aristocrate. Puis elle révèle un tout autre aspect de sa personnalité. Une impressionnante détermination. Cela ne l'empêche surtout pas d'être une femme amoureuse.
Nicole Kidman marche ici dans les pas de Katharine Hepburn. Dans le rôle de Drover, Hugh Jackman représente l'homme, le vrai. Celui qui n'a pas froid aux yeux. Celui qui ne dévoile pas ses sentiments. Celui qui semble taillé dans le roc. Un coeur d'or, une musculature d'acier. Les deux jeunes quadragénaires forment un couple très crédible qui rappelle le modèle Harlequin. Pas étonnant que le film glisse vers le mélo... Australia dure près de trois heures. La durée de ce film est très révélatrice. Car un mot résume bien le film. Trop. Trop long. Trop de genres cinématographiques télescopés. Trop de musique insistante. Trop d'effets numériques censés vous en mettre plein la vue. Trop de revirements invraisemblables de plus en plus prévisibles (il suffit qu'une menace se précise pour que, la seconde d'après, elle soit écartée). Trop. Parce que beaucoup d'ambition. Peut-être trop, justement. À lire aussi 31 décembre 2008 Une avalanche de films24 décembre 2008 Benjamin Button: de vieux bébé à jeune vieillard23 décembre 2008 The wrestler: le retour de Mickey Rourke16 décembre 2008 Claude Meunier, réalisateur15 décembre 2008 Films et séries sous le sapin11 décembre 2008 Les films du temps des Fêtes28 novembre 2008 Babine: conte fantastique26 novembre 2008 Australia: trop de tout20 novembre 2008 Un oeil sur le réel14 novembre 2008 La recette James Bond |