Vendredi 5 décembre 2008 5:26 HNE
![]() Roman ![]() Marc Lévy renoue avec la magieDanielle Laurin est chroniqueuse à l'émission On fait tous du show business, diffusée le dimanche à 15h à la télévision de Radio-Canada. Une critique de Danielle Laurin Il a débarqué en 2000, avec Et si c'était vrai... Le roman le plus vendu en France cette année-là. Depuis, cet ex-architecte jadis travailleur humanitaire publie un roman par année... qui se classe chaque fois au sommet des ventes en France. En tout, Marc Levy, traduit en 39 langues et adapté au cinéma plus souvent qu'à son tour, aurait vendu plus de 15 millions de livres dans le monde. La clé de son succès? Un langage simple, concret. Des rebondissements, tout plein. Et des histoires d'amour qui font rêver, évidemment. Mais, chemin faisant, le populaire romancier boudé par la critique officielle avait peu à peu mis de côté l'aspect fantastique dans ses écrits. Plus de fantômes qui apparaissaient dans le placard revenaient hanter les vivants. Plus de morts qui ressuscitaient comme par magie. Retour au fantastique
Avis aux intéressés: Avec Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites (Robert Laffont), Marc Levy renoue avec ses premières amours. Un homme, qui vient de mourir, réapparaît dans la vie de sa fille. C'est le point de départ du roman. Six jours. Ils ont six jours pour se dire ce qu'ils n'ont jamais osé se dire, ou pris le temps de se dire. Ils sont en froid depuis des lunes. Pour toutes sortes de raisons. Le père, un homme d'affaires important constamment parti aux quatre vents, n'a jamais été là pour son enfant. Même après la mort de la mère. Sa fille a fini par se faire à l'idée: elle ferait sa vie sans lui, sans rien attendre de sa part. Elle ne s'attendait même pas à ce qu'il se pointe à son mariage, avec l'homme qui l'aime, qu'elle croit aimer. Mariage reporté du jour au lendemain, pour cause majeure. Peut-on se marier le jour où son propre père, même haï, est mis en terre? Et voilà qu'il est là, ce cher papa, dans son salon. En chair et en os. Au lendemain de ses propres funérailles. Incroyable, mais vrai. Décidément, il n'en finit plus, celui-là, de lui gâcher la vie. Comment lui pardonner? Comment oublier qu'il a mis fin abruptement à la première relation amoureuse de sa vie? La plus importante, celle qui ressemblait à un conte de fées. C'était à Berlin, peu après la chute du mur. Comment accepter que son père lui ait caché, ensuite, et jusqu'à aujourd'hui, une lettre de son chéri? Lettre qui aurait pu changer le cours de sa vie... et qui finira par produire son effet, près de 20 ans plus tard. Accrocheur Trop tard pour se racheter? Trop tard pour recommencer sa vie? On verra... Ce qui est sûr, tandis qu'on se promène de New York à Berlin en passant par Montréal, c'est qu'on s'accroche. On a beau trouver simplets les dialogues, superficiels les personnages et fleur bleue leurs réflexions... On a beau croire qu'on a tout compris, tout deviné, tout vu venir... et se dire que là, vraiment, il charrie, ce n'est pas crédible... Marc Levy nous tient en haleine. Pourquoi? L'écrivain de 46 ans est habile comme pas un pour brouiller les pistes, multiplier les intrigues. Et réussir à nous surprendre... jusqu'à la toute fin. À lire aussi 1 décembre 2008 Zulu: bienvenue en enfer25 novembre 2008 Le Carré à son meilleur17 novembre 2008 Le cri de Lino10 novembre 2008 Benoîte Groult: une femme du 20e siècle3 novembre 2008 Micheline Lachance et les enfants du péché28 octobre 2008 Un grand cru de Kathy Reichs20 octobre 2008 Monia Mazigh: une longue année d'attente14 octobre 2008 Le roman du Nobel3 octobre 2008 Pour ou contre Christine Angot?25 septembre 2008 Enquête sur un document sacré |