Jeudi 8 janvier 2009 12 h 28 HNE
![]() Polar
Un grand cru de Kathy ReichsDanielle Laurin est chroniqueuse à l'émission On fait tous du show business, diffusée le dimanche à 15h à la télévision de Radio-Canada. Mise à jour le mardi 28 octobre 2008 à 8 h 40 Une critique de Danielle Laurin Un nouveau Kathy Reichs. Comme chaque année depuis Déjà dead, en 1997. Mais différent dans le ton. C'est frappant dès le début de Terreur à Tracadie (Robert Laffont). Avis aux sceptiques dont l'intérêt pour les polars de cette anthropologue judiciaire commençait à faiblir. En raison d'une impression de déjà vu. Cette impression, de plus en plus, de se faire resservir la même recette.
Excellente cuvée cette fois-ci. L'auteure de best-sellers publiés dans 27 pays réussit le difficile pari de se renouveler. Tout en conservant les meilleurs ingrédients qui ont fait son succès jusqu'ici. Au-delà du polar Les premières pages de Terreur à Tracadie sont saisissantes. Pas parce qu'on est au coeur de l'action. Pas du tout. Plutôt parce que la plume de Kathy Reichs explore des avenues inattendues. C'est l'enfance de son alter ego, Temperance Brennan, qu'elle explore au départ. C'est intimiste, inspiré. Porté par une grâce d'écriture, qui donne à penser que la romancière pourrait un jour écrire autre chose que des polars. L'enfance de Tempe, donc. Son petit frère qui meurt de leucémie. Son père qui noie son chagrin dans l'alcool avant de trouver la mort dans un accident. Et sa mère désespérée, dont la table de chevet se transforme en pharmacie. La petite a sept ans, bientôt huit. Heureusement, une nouvelle amie fera son entrée dans sa vie. Une Acadienne, de deux ans son aînée, qui rêve de devenir poète. Son prénom: Évangéline. Comme l'héroïne du poème épique de Longfellow. Elle habite à Tracadie, mais vient passer ses étés dans la parenté, à Pawleys Island, aux États-Unis. Et puis un beau jour, vers l'âge de 15 ans, elle disparaît. Ne répond plus aux lettres de son amie américaine. Pourquoi? Que s'est-il donc passé? Plusieurs enquêtes et rebondissements Une trentaine d'années plus tard, Tempe, devenue anthropologue judiciaire, n'a pas oublié. Et quand elle reçoit les ossements d'une jeune fille morte depuis longtemps, des ossements qui proviennent d'Acadie, elle ne peut s'empêcher de faire le rapprochement. C'est ici que l'action démarre. Au chapitre trois. Et tenez-vous bien, ça va débouler. Plusieurs cas entremêlés, sur fond de pédophilie juvénile. Plusieurs enquêtes en même temps. Plusieurs rebondissements. Des incursions dans le passé, dans l'histoire de l'Acadie, aussi. Avec la lèpre comme toile de fond. Le tout basé sur une recherche approfondie, concernant un hôpital pour lépreux qui a réellement existé, jusque dans les années 1960: le Lazaret de Tracadie. Pour le reste: même description minutieuse des techniques scientifiques à l'oeuvre dans le métier d'anthropologue judiciaire. Même souci obsessif des victimes de la part de l'héroïne, afin de fournir aux morts leur identité et de permettre aux familles de faire leur deuil. Même romance en dents de scie concernant la relation de Tempe avec le beau lieutenant-détective Ryan, bien sûr. Et même humour savoureux. Enfin, même reconstitution vivante des lieux et des habitudes de vie, qu'on soit en Acadie, ou à Montréal. Vraiment, un des meilleurs romans de Kathy Reichs depuis longtemps. À lire aussi 23 décembre 2008 Évasion à tout âge23 décembre 2008 De culture et de mots23 décembre 2008 Pour les amateurs d'histoire et de musique16 décembre 2008 Poètes sur disque ou sur papier16 décembre 2008 10 incontournables15 décembre 2008 9 titres à ne pas manquer15 décembre 2008 Place aux poètes!15 décembre 2008 Droit au coeur, les mots1 décembre 2008 Zulu: bienvenue en enfer25 novembre 2008 Le Carré à son meilleur |