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Roman historique

Micheline Lachance et les enfants du péché

Danielle Laurin est chroniqueuse à l'émission On fait tous du show business, diffusée le dimanche à 15h à la télévision de Radio-Canada.

Mise à jour le lundi 3 novembre 2008 à 13 h 54

cote du film : 3.5

Une critique de Danielle Laurin

L'auteure et journaliste Micheline Lachance

Photo: Céline Lalonde

L'auteure et journaliste Micheline Lachance

Le sort des filles-mères dans le Québec du 19e siècle. Le mépris dont elles étaient l'objet, la misère qui les guettait, la honte qu'elles ressentaient. C'est le sujet auquel s'attaque Micheline Lachance dans Les filles tombées (Éd. Québec Amérique).

Avec doigté, la romancière explore le déchirement de ces femmes, contraintes, pour la plupart, d'abandonner leur bébé naissant. Elle s'attarde aussi au sort des enfants, ensuite. Ces enfants nés sous X, placés dans les orphelinats.

En toile de fond: un hommage à une pionnière: Rosalie Jetté. Elle a fondé, à Montréal, en 1845, l'Hospice de Sainte-Pélagie, mieux connu sous le nom de la Miséricorde. Un des rares endroits où pouvaient accoucher, à l'époque, les filles tombées... dans le péché.

Mais cette fois, l'auteure des best-sellers Le roman de Julie Papineau et Lady Cartier fait de son héroïne un être de pure fiction. Elle s'appelle Rose. Rose Toutcourt. Elle est née de parents inconnus, a grandi dans un orphelinat.

L'histoire de Rose

À la veille de ses 18 ans, Rose décide de mener une enquête, pour combler « le grand trou de ses origines ». Le roman commence là. Et nous tient en haleine jusqu'à la fin.

En chemin, la narration emprunte quelques détours. Qui ralentissent quelque peu l'action. Mais qui plairont aux vrais amateurs de romans historiques.

Reconstitution d'époque, références à divers événements marquants du passé, descriptions minutieuses des lieux: tout concourt à rendre palpable le contexte dans lequel évolue l'attachante Rose.

C'est elle qui raconte, avec ses mots à elle. Pas de circonvolutions littéraires. Un langage simple, un style fluide, une plume alerte. Et une sensibilité à fleur de peau.

Ce qu'elle sait au départ? Sa mère lui a donné naissance dans un centre pour filles-mères, à Montréal, le 8 juillet 1852. À peu près au même moment, trois autres filles-mères s'apprêtaient à accoucher au même endroit.

L'une d'entre elles est morte, faute de soins appropriés de la part d'un médecin négligent... qui a péri ensuite, victime d'empoisonnement. Acte de vengeance? Les trois autres filles-mères sont montrées du doigt.

À la recherche d'une mère?

Micheline Lachance, Les filles tombées

C'est ainsi que Rose sera malicieusement surnommée « la fille des empoisonneuses ». Mais qui est sa mère au juste? Noémi, la petite bonne morte en couche? Mathilde, la bourgeoise fille de banquier? Elvire, la prostituée du Red Light? Ou Mary l'Irlandaise...

Rose multiplie les démarches. Se rend chez l'une, chez l'autre. Procède par élimination. Difficile d'y voir clair, tant il y a de secrets entourant sa naissance. Tant il y a d'interdits, de puritanisme à cette époque.

Malgré tous les revers rencontrés, Rose ne baissera pas les bras. Déterminée comme pas une, la petite orpheline. Qui, au fil d'arrivée, aura trouvé l'amour, fondé une famille.

Si elle parvient bel et bien à retrouver sa mère, l'héroïne des Filles tombées n'est pas rassasiée. À la toute fin du roman, le mystère reste entier concernant son père. Qu'est-il advenu de lui?

Se pourrait-il qu'il y ait une suite? Chère Rose, faites vite!

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