Vendredi 5 décembre 2008 6:07 HNE

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Alexandre Désilets

Escalader l'ivresse: bienfaisante apesanteur

François Blain est réalisateur à l'émission MACADAM TRIBUS, diffusée le vendredi et le samedi de 20 h à 23 h, à la Première chaîne de Radio-Canada.

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cote du film : 3.5

Une critique de François Blain

Voici un premier album pour cet auteur-compositeur-interprète qui a parcouru la route des concours: Ma Première Place des Arts, le Festival en chanson de Petite-Vallée et le Festival de la chanson de Granby. Dans tous les cas, il s'est retrouvé dans le groupe de tête. En 2006 à Granby, il a remporté les grands honneurs avec la bourse et les attentes qui y sont associées.

Avec Escalader l'ivresse, Désilets demeure fidèle à sa démarche particulière par rapport au paysage musical québécois.

Vox machina

En 2005, il avait lancé Vocophilia, en compagnie d'un musicien luso-canadien, un disque connu aussi sous le nom de Funami. Cet enregistrement électronique était construit autour de la voix de Désilets. Ici encore, il l'utilise comme un instrument; elle est donc au coeur d'Escalader l'ivresse.

Cette voix, tout en courbes et intiment liée à la trame musicale, semble flotter sur les mélodies aériennes qui lui servent de support. La participation de Jean Massicotte (Pierre Lapointe, Arthur H) à la réalisation ainsi que de plusieurs excellents musiciens, comme le batteur Jean-Phi Goncalves (Plaster, Afrodizz), assure un équilibre bien dosé entre les éléments électroniques et organiques.

Les paroles s'envolent

Escalader l'ivresse

Ensemble, ils ont créé un univers où les textes ne se remarquent pas par l'histoire racontée, mais par les mots qui s'en échappent. À l'audition des huit titres, on y entend « synchronicité », « apesanteur », « chez moi, les murs sont comme de l'eau », « papillon blessé » ou « prêt à faire le saut de l'ange dans la fontaine de Jouvence ».

Il en résulte des tableaux impressionnistes avec de longues plages tranquilles suivies de remous épisodiques. Certes, des chansons telles J'échoue ou L'éphémère s'imposent comme des titres reconnaissables. Par contre, c'est l'ensemble de l'album qu'il faut considérer comme un continuum.

Coule la rivière

Ainsi, une écoute distraite va laisser percoler insidieusement ses notes bienfaisantes chez l'auditeur réceptif à ce genre. Le danger dans cette musique liquide, c'est qu'elle coule sans laisser de traces. Ce n'est pas le cas avec Alexandre Désilets.

Avec des morceaux qui dépassent souvent la durée acceptable pour les radios commerciales (plus de 5 minutes), ce disque de Désilets devra se frayer un chemin hors des sentiers battus. Mais parfois, la rivière prend différents détours pour atteindre le fleuve.

Alexandre Désilets/ Escalader l'ivresse / Maisonnette MAICD 7714

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