Vendredi 5 décembre 2008 5:47 HNE
![]() Musique du monde ![]() Mônica Freire, BrésilienneFrançois Blain est réalisateur à l'émission MACADAM TRIBUS, diffusée le vendredi et le samedi de 20 h à 23 h, à la Première chaîne de Radio-Canada. Une critique de François Blain Le Brésil est un puits musical sans fond. Sa bossa, sa samba et son tropicalisme ont rayonné dans le monde. Joao Gilberto, Caetano Veloso et Gilberto Gil font partie du gotha musical international. Dans la génération suivante, les Carlinhos Brown, Marisa Monte ou Bebel Gilberto poursuivent la tradition avec les outils d'aujourd'hui. Installée au Québec depuis une quinzaine d'années, Mônica Freire se situe dans le droit fil de cette dernière cohorte. En 2005, avec Bahiatronica, elle prenait le virage électronique, quelques foulées en retard sur le peloton de tête, mais avec beaucoup de panache. Sur ce deuxième album (le quatrième si on ajoute les deux parus au Japon), la musicienne revient à des tournures plus organiques, mais tout aussi séduisantes. Brésil en Québec
À Londres, Paris ou Montréal, une chanteuse brésilienne mène souvent sa carrière avec la diaspora musicale présente dans son entourage immédiat. Au Québec, Mônica Freire s'est tout naturellement associée à Paulo Ramos à une certaine époque. Pour Na Laje, elle a refait une immersion brésilienne: séjour de 6 mois dans son pays pour l'écriture, collaborations de nombreux auteurs de la contrée de Lula (dont Arnaldo Antunes) ainsi que de musiciens comme Celso Fonseca et Liminha. Ce dernier, membre du groupe mythique Os Mutantes salué par Kurt Cobain, Beck et David Byrne, réalise l'album. Si on ne connaissait pas les tournées de Mônica Freire au Québec ou ses premières parties pour Ariane Moffatt, on dirait un disque qui arrive directement du Brésil. Sur le toit des favelas La pochette signée par le photographe Tshi et la graphiste Isabelle Ducharme ajoute à cette impression. Des photos délavées, en noir et blanc, de soirées dansantes et de favelas à flanc de montagne forment une sorte de carnet de voyage intemporel avec les chansons comme commentaires.
Sur le toit des maisons (« laje ») des quartiers défavorisés, le Brésil de Mônica Freire est ouvert sur le monde. Un reggae à l'africaine (Na Laje) précède des percussions indiennes et des sonorités de sitar (Você tem que decidir). La samba peut être délicatement électronique ou le rythme tribal (Ressonância de Schumann). La fille qu'est Mônica Cette palette contrastée est déclinée autour de la voix suave de Mônica Freire, qui s'impose malgré sa discrétion. Comme la musicienne. Avec ses deux albums parus chez Audiogram, il faut prendre acte que la guitariste et chanteuse s'inscrit dans le vaste répertoire de la chanson brésilienne d'aujourd'hui au même titre que ses compatriotes. Sauf que la sienne a été fabriquée à Salvador, Rio de Janeiro et Montréal. Le tropicalismeLe tropicalisme ou tropicalia est un mouvement culturel apparu au Brésil dans les années 60 (après le coup d'État de 1964). Ce courant voulait intégrer la musique brésilienne à la vague rock et psychédélique de l'époque. Caetano Veloso, Gilberto Gil et Os Mutantes, parmi d'autres, étaient à l'origine de cette contestation musicale. Monica Freire / Na Laje / Audiogram ADCD 10221 ÉmissionAutre hyperlienHyperlien externe
Monica Freire
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