Vendredi 5 décembre 2008 7:03 HNE
![]() New Dawn Ku Khata
La couleur du MozambiqueFrançois Blain est réalisateur à l'émission MACADAM TRIBUS, diffusée le vendredi et le samedi de 20 h à 23 h, à la Première chaîne de Radio-Canada. Une critique de François Blain En Amérique du Nord, les artistes identifiés à la musique du monde se font connaître principalement grâce aux festivals. Pourtant, il y a des découvertes à faire en tout temps. C'est le cas de l'auteur-compositeur Neco Novellas. Originaire du Mozambique, il vit aux Pays-Bas. Une étiquette d'Amsterdam, World Connection, l'a pris sous son aile comme elle l'a fait pour Mariza, Sara Tavares et Bole2 Harlem. Neco Novellas de même que ses soeurs, Cidalia et Isabel (choeurs), et ses frères, Nelson et Isildo (guitares et basse), ont lancé ainsi leur premier album. Tant mieux pour eux, mais surtout, tant mieux pour nous. L'Africain universel
Encore aujourd'hui, nous voudrions parfois que les Africains demeurent fidèles à leurs racines, qu'ils conservent leur cachet typique et exotique. Élevé dans une famille musicale de 8 enfants, Neco Novellas n'échappe pas aux traditions du Mozambique, mais il ne s'y cantonne pas. De toute façon, le passage des colonisateurs portugais et avec eux des rites catholiques, ainsi que la proximité de l'Afrique du Sud, a laissé des traces audibles dans les compositions du chanteur guitariste. En ouverture, un titre a cappella (Ku Khata) dans le style sud-africain des chants zoulous donne le ton. Tout au long de l'album, les harmonies vocales sophistiquées s'entrecroisent sur des sonorités qui balancent entre musiques traditionnelle (Zuma Lei) et reggae (Smile Navo), entre samba brésilienne (Vermelha) et inflexions jazzy (Zula Zula). La candeur de l'artiste Cette ouverture au monde, partie intégrante des pays colonisés, s'exprime également dans le choix des langues: chopi, ronga, xangana, anglais et portugais, mais aussi hébreu et espagnol. Lorsque Neco Novellas et sa famille chantent Phumula, cela rappelle étrangement le Paul Simon de Graceland qui a tant contribué, dans les années 80, au rayonnement de la musique africaine hors du continent. Si le chanteur à la casquette aborde le sujet des inondations qui ont frappé le Mozambique en 2000, il se réclame surtout de thématiques plus universelles, teintées de spiritualité. Avec candeur, il croit à la musique comme union entre les peuples. Dans A fikile Afrika, il appelle, dans différentes langues, l'Afrique à se lever et à montrer qu'elle fait partie du concert des nations. De la musique du Mozambique Sur ce premier disque, Neco Novellas chante en duo avec Lilian Vieira de Zuco 103, Brésilienne résidente des Pays-Bas, et il bénéficie de la contribution du pianiste de jazz néerlandais Gideon van Gelder. Le Mozambicain n'en fait pas moins une musique de son pays, moins connu pour sa musique que son voisin l'Afrique du Sud ou son vis-à-vis de l'Océan Indien, Madagascar. La voix de Novellas mérite d'être écoutée et mérite d'être suivie. Neco Novellas À lire aussi 1 décembre 2008 Beast: entre ciel et terre24 novembre 2008 La vraie nature de Daniel Boucher13 novembre 2008 Gaston Miron en chanson3 novembre 2008 La plume inspirée de Thomas Hellman27 octobre 2008 Dee: un autre son venu de l'Outaouais20 octobre 2008 Tryo: 13 ans de musique engagée et festive10 octobre 2008 Mes Aïeux: à la fois décalés et actuels3 octobre 2008 La couleur du Mozambique26 septembre 2008 Mélancoliques Cowboys Fringants19 septembre 2008 Coeur de pirate: délicatement tatoué |