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Day by day

Dee: un autre son venu de l'Outaouais

François Blain est réalisateur à l'émission MACADAM TRIBUS, diffusée le vendredi et le samedi de 20 h à 23 h, à la Première chaîne de Radio-Canada.

Mise à jour le lundi 27 octobre 2008 à 11 h 47

cote du film : 3

Une critique de François Blain

Dee est arrivé avec son premier disque en 2005 sans trop d'avertissements. Dans une pochette très contrastée, jouant sur un vert et un jaune à la mode, on y entendait plus d'une douzaine de pièces toutes en anglais, dansantes et américaines.

Les chansons Filter Factory, Real (Summertime) et quelques autres avaient la vertu non négligeable d'infiltrer le conduit auditif. Cela sentait l'été, la légèreté et l'efficacité.

Dee en spectacle

Dee en spectacle au National

Domicilié sur le web

Depuis cette sortie impromptue, nous avons appris que Martin Granger se dissimulait derrière le pseudonyme de Dee. Que le musicien avait laissé certains morceaux de son répertoire sur la trame sonore d'émissions américaines comme Grey's Anatomy, dans des pubs de grandes entreprises comme Ford et dans des productions locales comme Horloge biologique ou Tout sur moi.

S'il a l'oeil pour atteindre la cible de l'industrie de la musique utilitaire, Dee se retrouve plus souvent sur le web que dans Échos Vedettes. My Space et YouTube sont ses médias de prédilection. On peut l'y voir à l'oeuvre abondamment. Il y a même présenté une parodie du vidéoblogue, devenu canular, Lonelygirl15.

Or, le musicien bricoleur qui peut donner l'impression de tout bidouiller de sa chambre s'est entouré de collaborateurs solides pour ce deuxième CD, soit les frères Grand (Bran Van 3000, Pascale Picard), le guitariste électronique Akido, Simon Landry (Le Husky) ou Cristobal Tapia de Veer et Marc Bell.

Chansons caméléons

La pochette se contente cette fois de noir et blanc, ce qui ne signifie en rien que les titres soient plus sombres. Dee demeure un compositeur de musique lumineuse pour une nuit blanche sur piste de danse.

Ses références sont nombreuses et il a le talent pour les reproduire. Au fil des 11 titres, on aura donc l'impression d'entendre des bouts de Prince et de sa voix suraiguë, de Beck, d'un groupe britannique et de quelques autres. Chacun ira de l'habituel: « Cela me fait penser à... »

Car la voix de Dee ne s'impose pas comme exceptionnelle à travers ses chansons caméléons. Elle est intéressante lorsqu'elle se marie avec une voix féminine comme dans Hey now. C'était vrai aussi sur le précédent album avec Real (Summertime).

De Désilets à Dee

Dans le même esprit que le précédent, l'électro dance de Dee est certainement plus rock. Les rythmes plus appuyés ne changent rien au fait qu'on n'écoute pas ce musicien pour ses textes en anglais, mais pour le groove.

Récemment, on a parlé abondamment du son de Montréal (Arcade Fire, Patrick Watson). Originaire de l'Outaouais, Martin Granger fait partie de la filière artistique identifiée à cette région du Québec. Le son est loin d'être homogène, puisqu'on y recense Pierre Lapointe, Xavier Caféine, Freeworm et Alexandre Désilets. Avec les sonorités commerciales et dansantes de Dee, le spectre ne fait que s'élargir.

Dee - Day by Day/ La Tribu TRICD-7280

Prochains spectacles de Dee

  • 31 octobre: La Basoche de Gatineau
  • 1er novembre: L'Opéra de Chicoutimi
  • 6 novembre: Petit Champlain de Québec
  • 12 décembre: La Tulipe de Montréal

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