Jeudi 8 janvier 2009 8 h 52 HNE
![]() Le soleil est sorti
La vraie nature de Daniel BoucherFrançois Blain est réalisateur à l'émission MACADAM TRIBUS, diffusée le vendredi et le samedi de 20 h à 23 h, à la Première chaîne de Radio-Canada. Mise à jour le lundi 24 novembre 2008 à 10 h 34 Une critique de François Blain Avec La patente en 2004, Daniel Boucher encore auréolé du titre de nouveau héros de la musique québécoise a visité les sentiers du psychédélisme. Puis, il a tourné avec son spectacle Chansonnier, mis en scène par Michel Rivard, où il se retrouvait seul sur scène. Est-ce que la formule acoustique allait lui coller à la peau sur ce troisième disque original? Pas vraiment, mais un peu quand même. En fait, Boucher projette une image toujours un peu floue non par calcul, mais parce que c'est sa vraie nature.
Deviens-tu c'que t'as voulu? De la part de quelqu'un qui parle franchement de la question nationale, cela peut être surprenant. Néanmoins, cette quête de l'authenticité demeure très présente dans son oeuvre. Dès Dix mille matins (1999), il chantait Deviens-tu c'que t'as voulu? Cette fois, il entonne Perles-tu? où il demande « te nies-tu toi-même? ». De toute évidence, le doute le tourmente. Cela explique probablement que dans ses chansons, Boucher parle en parabole. Sa langue personnelle, truffée de néologismes, cultive ce flou artistique, qui peut-être agaçant à la longue. Cela aura été sa marque de fabrique dès La désise, chanson de l'année en 2001. Il revient à plus de simplicité dans un titre comme Parc Laurier, où il est question de son fils, ainsi que dans Le monde est grand, où il s'exprime sur les effets pervers de la célébrité. Il baragouine son île Daniel Boucher n'a jamais caché ses références: les Beatles, le jeune Charlebois, les années 70 et Beck. Il y puise encore avec l'aide de son collègue, le guitariste David Brunet, à la réalisation. Quelques cordes par ci, quelques cuivres par là s'ajoutent à une base principalement faite de guitares. Il ne s'est donc pas cantonné aux seules vertus de l'acoustique. Il est chansonnier avec Le soleil est sorti, Parc Laurier ou l'autobiographique Sentir le vide. Il fait de la musique avec David Brunet dans Sans mamie, La vie comme une vue et Le tel quel à vie, ce dernier titre sentant même le disco. Flou artistique Sur la pochette, des arbres orangés éblouis par le soleil deviennent des taches de couleurs. À l'intérieur, dans des textes plus intimes, où « le vent vilebrequine », on sent une sensibilité parfois à fleur de peau. Mais on se rend bien compte aussi que Daniel Boucher n'a pas fini de chercher et de douter. À n'en pas douter, il s'agit là de son lot, autant dans sa vie personnelle que dans sa vie d'artiste. Daniel Boucher À lire aussi 23 décembre 2008 Le temps des fêtes de Maryse Letarte23 décembre 2008 Musiques pour tous5 décembre 2008 Amadou et Mariam: ambassadeurs du Mali1 décembre 2008 Beast: entre ciel et terre24 novembre 2008 La vraie nature de Daniel Boucher13 novembre 2008 Gaston Miron en chanson3 novembre 2008 La plume inspirée de Thomas Hellman27 octobre 2008 Dee: un autre son venu de l'Outaouais20 octobre 2008 Tryo: 13 ans de musique engagée et festive10 octobre 2008 Mes Aïeux: à la fois décalés et actuels |