| Les médias sont-ils manipulés? Jusqu'à quel point ont-ils accès à toute l'information? Dans la foulée des événements du 11 septembre 2001, les médias ont été confrontés à bien des dilemmes.
Devaient-ils diffuser ou censurer les interventions vidéos d'Oussama Ben Laden? Devaient-ils faire confiance aux informations provenant du Pentagone? Autant de questions que vous avez posées à nos correspondantes sur le terrain.
Durant la campagne américaine en Afghanistan, le Pentagone exerçait un contrôle extrêmement rigoureux des images. Les médias étaient donc souvent alimentés par le Pentagone même. Évidemment, le ministère de la Défense censure une partie de l'information, affirmant ainsi protéger ses troupes.
Est-ce primordial que le public ait accès à toute l'information ou les médias peuvent-ils omettre des faits par «patriotisme»? Selon Christine Saint-Pierre, correspondante de Radio-Canada à Washington, «La presse américaine est derrière le président depuis le 11 septembre. Peu de journalistes se plaignent aux briefings du Pentagone du peu d'information que les responsables leur livrent. Les premières bavures des frappes aériennes entraînant la mort de civils ont été traitées comme de simples anecdotes».
Pour Howard Kurtz, chroniqueur au Washington Post, la pression vient davantage du public que du gouvernement. Marvin Kalb, directeur du Shorenstein Center on the Press, Politics and Public Policy à Washington, va même plus loin: «Les événements du 11 septembre étaient tellement odieux que, si le gouvernement voit la nécessité de me fournir une mauvaise information de temps en temps dans sa poursuite d'Al-Qaida et de Ben Laden, je vais lui concéder cette marge de manœuvre».
Pour le public américain, il importe donc, d'abord et avant tout, de protéger la sécurité des troupes américaines et de faire en sorte que la lutte antiterroriste soit un succès. Une conviction partagée par les principaux médias américains.
par Diep Truong
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