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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

En profondeur

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Mise à jour le jeudi 7 juin 2007 à 12 h 52
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Journalistes: Barbara Debays, Sophie-Hélène Lebeuf, Isabelle Montpetit, Sonia Duguay et Alain Labelle.
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« En quelques dizaines d'années, nous en sommes venus à menacer la vie à tel point qu'on peut se demander s'il y aura encore des êtres humains dans 100 ans. » — Hubert Reeves

L'affirmation n'est pas de n'importe qui: c'est l'opinion de l'astrophysicien Hubert Reeves. L'influence de l'activité humaine sur les changements climatiques est maintenant généralement reconnue. Même l'administration Bush a fini par l'admettre. Mais il subsiste des désaccords flagrants quant à la part de responsabilité de l'humain, aux moyens de lutter contre le réchauffement de la planète et à l'urgence d'agir.

Les experts de l'ONU, eux, sonnent l'alarme: la planète se réchauffe et l'humain en est le grand responsable. Dans un rapport de janvier 2007, ces scientifiques du Groupe intergouvernemental sur les changements climatiques évoquent un réchauffement oscillant entre 2 et 4,5 au cours du prochain siècle. L'Arctique devrait être la région la plus intensément touchée par cette hausse des températures.

Ours sur la banquise

Mais l'impact se fait déjà sentir dans plusieurs régions du globe. On constate davantage d'événements climatiques extrêmes comme les canicules, les inondations, les ouragans et les tornades. Un consensus international émerge pour dire que, selon le scénario le plus optimiste, il faudrait conclure au moins 10 traités comme celui de Kyoto...

Et ce ne sont certainement pas tous les pays qui seraient prêts à s'y engager! Certains pays, États-Unis et Australie en tête, renient carrément leur signature, refusant de ratifier le document. D'autres pays, comme le Canada, ont de leur côté ratifié le protocole de Kyoto, mais ils boudent leurs objectifs.

L'ABC des sigles

CCNUCC: Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques
COP: Conférence des parties (réunion internationale servant à faire le point sur la CCNUCC)
COP/MOP: Conférence des parties servant de réunion des parties (sert à faire le point sur le protocole de Kyoto)
GES: gaz à effet de serre
GIEC: Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat

Kyoto, phase 2

La première phase du protocole de Kyoto arrive à échéance en 2012. Les signataires doivent donc prévoir les suites à lui donner. Des discussions sur cette seconde phase qui, contrairement à la première, inclurait des pays émergents comme l'Inde et la Chine s'amorceront d'ailleurs en décembre dans la ville indonésienne de Bali.

La planète relèvera-t-elle le défi de Kyoto?

Le sommet du G8 en Allemagne

En attendant, l'Allemagne est de ceux qui souhaitent donner un coup de pouce aux discussions, en tentant de rallier les pays industrialisés à une position commune. Elle entend convaincre ses partenaires du G8, lors du sommet qui se déroule sur son territoire, du 6 au 8 juin, de faire de la lutte contre le réchauffement climatique une priorité.

L'hôte de la conférence, la chancelière Angela Merkel, voudrait que les pays riches réduisent de moitié leurs émissions de GES d'ici 2050 par rapport à leur niveau de 1990, afin de limiter le réchauffement global de la planète à 2 degrés Celsius. Déjà, Washington annonce son « opposition fondamentale » à la proposition allemande.

Le ministre fédéral de l'Environnement, John Baird, a pour sa part affirmé qu'il voyait le Canada comme un « pont » entre ces deux positions divergentes. Il appuie d'ailleurs la proposition du numéro 1 allemand... si les pays doivent réduire leurs émissions en fonction de celles émises en 2006 plutôt qu'en 1990.

Le président américain refuse pour sa part tout objectif chiffré. À quelques jours du sommet, il a convié 15 des pays les plus pollueurs à une rencontre afin d'élaborer des objectifs de réduction de gaz à effet de serre d'ici la fin de 2008. Entre autres pays invités figureraient la Chine, l'Inde et les principaux pays européens.