18 juillet 2008
Les petits conseils de la fédération
Les déceptions sont toujours proportionnelles aux attentes. Il est donc difficile d'être déçu de la dernière réunion du Conseil de la fédération. Sauf pour les partis d'opposition qui avaient décidé d'avance de l'être.
Treize à la douzaine
Auparavant, il s'agissait de la réunion annuelle des premiers ministres; depuis cinq ans, c'est celle du Conseil de la fédération. Ça fait plus pompeux, mais, essentiellement, c'est la même chose. Il s'agit d'un très gros comité dont les membres n'ont que peu d'intérêts en commun.
Sur l'économie, par exemple, les provinces de l'Ouest s'inquiètent des pressions inflationnistes causées par le prix du pétrole; dans les provinces centrales, c'est l'effet dépresseur du même prix du pétrole qui inquiète. Quand une donnée aussi fondamentale divise les perspectives, les seuls intérêts qu'il reste à partager sont, justement, bien communs.
Le pouvoir fédéral
Bien sûr, il ne faut pas s'opposer à ce que des chefs politiques se rencontrent, quand ce ne serait que pour expliquer leurs différents points de vue. Mais le bilan de la rencontre de Québec, et des quatre précédentes, révèle clairement la limite de l'exercice.
Encore cette fois-ci, une bonne partie des « décisions » du Conseil est constituée de demandes de ceci ou cela au grand frère fédéral. Plusieurs éléments réduisent par ailleurs le poids de ces suppliques. D'abord, le gouvernement fédéral peut bien faire ce qu'il veut dans les domaines qui ne relèvent que de lui. Dans le dossier des Autochtones et celui de l'approbation de demande de visas par des étrangers, les premiers ministres provinciaux et territoriaux ont exprimé leur position du bout des lèvres. Cela signifie qu'ils savent quelle sera la réponse; et qu'ils s'en accommoderont très bien.
La voix discordante
D'autres « exigences » restent lettre morte parce qu'elles sont issues d'un front commun aussi fragile qu'inexistant. Le porte-parole du Parti québécois rappelait, mardi, que la priorité des priorités à la réunion de Moncton, l'an dernier, avait été les limites au pouvoir fédéral de dépenser. Selon lui, il n'en est rien ressorti. Pas plus que des requêtes provinciales des années précédentes sur le financement fédéral de l'éducation postsecondaire.
La division est encore plus évidente dans le dossier des changements climatiques, celui qui intéresse sans doute le plus de personnes parmi le peu de gens qui s'intéressent aux travaux du Conseil. La pression n'émouvra en rien le gouvernement Harper. Pour paraphraser Mario Dumont, c'est chouette que des touristes canadiens soient venus à Québec, mais ça devrait être plus utile.
Faire avec
Évidemment, celui qui a eu l'idée du Conseil, Jean Charest, a une tout autre perspective. Les provinces jouent leur rôle dans leurs champs de compétence et s'unissent pour des revendications communes au gouvernement canadien.
Tiens, tiens. Quasi mot à mot ce que soutiennent les partis d'opposition.
Jean Dussault a fait des études universitaires en relations industrielles et en sciences politiques. Journaliste et animateur comptant plus de 30 ans d'expérience à la radio de Radio-Canada, il a amorcé sa carrière aux Actualités à Vancouver, en 1974, et s'est joint à l'équipe des Actualités du réseau à Montréal en 1977.
De 1990 à 2006, il a animé tour à tour les grands rendez-vous quotidiens d'actualités: d'abord Les Affaires et la vie, puis Montréal-Express, La Tribune du Québec et Sans frontières.
La qualité de son travail comme journaliste et animateur a été soulignée à plusieurs reprises, notamment par l'attribution du Grand Prix du journalisme de la CRPLF et du Prix Judith-Jasmin.
Il a couvert la campagne électorale québécoise de 2007 pour la Première Chaîne. Il est maintenant reporter national à la colline Parlementaire de Québec.
23 juillet 2008
Effectivement, le commentaire de Monsieur Sénécal est un portrait de la situation qui est très peu enviable du point de vue québecois. Une fédération dans laquelle le Québec devient un acteur moins important
Par contre, il faut noter que la tendance qu'il soulève, celle concernant le poids démographique ne date pas seulement des 50 dernières années. Depuis la création du Canada, les Québécois et les francophones au sens large voient leur poids démographique et politique se réduire au sein de la fédération. Wilfrid Laurier avait déjà noté le phénomène dès le début du vingtième siècle et sans le travail de nos aïeuls nous ne serions plus. Des provinces à Majorité francophone sont devenues en 120 ans presque unilingues anglophones, regardez le Manitoba. Regarder les problèmes actuels au point de vue constitutionnel québécois des dernières décennies semble réducteur.
Le problème peut être posé dans l'autre sens. En 1980, les Québécois ont décidé de faire les « Tanguys » et de demeurer au sein du Canada. Depuis le moral n'est plus, la passion disparue, la province sclérosée en deux blocs et l'économie de son côté a continué son glissement vers le bas et vers l'Ouest. Encore dernièrement nous avons perdu la bourse montréalaise.
« Il est un temps où le courage et l'audace tranquilles deviennent pour un peuple, aux moments clés de son existence, la seule forme de prudence convenable. S'il n'accepte pas alors le risque calculé des grandes étapes, il peut manquer sa carrière à tout jamais, exactement comme l'homme qui a peur de la vie. » RL
Voilà ce qui nous arrive. Nous avons eu peur, nous continuons d'avoir peur et avons peut-être manqué notre carrière.
D'accord avec la situation présentée par Monsieur Sénécal mais je crois qu'il y a erreur sur l'identification des causes.
Guillaume Mercier, Montréal
23 juillet 2008
Pardonnez-moi d'être en désaccord : les citoyens qui quittent une province pour cause d'emploi ont tendance à devenir des citoyens de la province jointe, à moyen et à long terme.
Le nord de l'Ontario ou la Colombie-Britannique en sont deux bons exemples, tous comme les États-Unis à une certaine époque.
La raison est simple : lorsqu'on vous accueille à bras ouverts, vous êtes comblés, professionnellement. C'est bien plus "facile" que d'avoir à faire ses preuves.
Heureusement que nos jeunes québécois sont vus comme des envahisseurs et qu'ils ont de la difficulté à intégrer le marché de l'emploi canadien, sans quoi ils n'auraient aucune difficulté à se laisser convaincre par le climat doux et tempéré de la Colombie-Britannique. Ça serait la même chose avec la Floride, si émigrer là-bas était facile pour tout le monde.
Ça n'a rien à voir avec les salaires. Faire 10,000$ de plus en CB égale payer 10,000$ de plus pour se nourrir et se loger de toute façon.
Le québécois vraiment désireux de se faire de l'argent travaillera et économisera un an ou deux ailleurs, et viendra s'acheter une maison au Québec, où le coût de la vie est plus bas.
Robert Rage, Weedon
22 juillet 2008
Bonjour,
Il est interessant de voir que le Quebec a encore des mesures trop protectionnistes par rapport au reste du pays. TILMA, l'accord de libre-echange des travailleurs entre l'Alberta et chez moi fait en sorte qu'on devient la 2e plus grande economie du pays, avec un GDP 30% superieur a celui du Quebec, mais avec une population equivalente (selon le site officiel du gouvernement de la C.-B.). Quebec craint de voir sa main d'oeuvre qualifiee quitter sa province, vers d'autres ou ils sont mieux payes, ou avec de meilleures conditions de travail.
Les gens sont de plus en plus eduques, et l'anglais devient de moins en moins un obstacle. Il est normal, pour tout etre humain, de rechercher le meilleur pour soi, et s'il n'est pas dans sa cour, d'aller chez le voisin. Quebec devrait se reveiller, et faire quelque chose pour garder ses cerveaux. Les querelles intestinales sur la place constitutionnelle du Quebec n'ont vraiment pas sa raison d'etre, alors que l'economie est en train de s'effondre. Si Quebec ne se reveille pas, ses cerveaux auront quitte, et Quebec deviendra une des provinces les plus pauvres du pays.
Une telle entente, signee a Quebec, n'a que du bon pour l'ensemble du pays. Cela permettra aux gens de se relocaliser plus facilement, lorsqu'une crise economique frappe une region du pays, alors que d'autres sont en pleine croissance. Les provinces devront donc etre astucieuses, et trouver des moyens de respecter les travailleurs. Il n'est pas normal pour une nurse de faire 10 000$ de moins au Quebec qu'en C.-B., pour un travail equitable.
Mathieu Spenard, Victoria, C.-B.
22 juillet 2008
Que doit-on conclure de la création d'un tribunal du libre-échange interprovincial dont le jugement serait exécutoire? Le Québec est en retard par rapport à l'Alberta et la Colombie-Britannique qui ont signé un véritable traité de libre-échange entre les deux provinces. Il paraît que l'Ontario songerait à se joindre à ce traité de libre-échange à son tour alors que le Québec reste isolé avec son "modèle québécois"... De quel modèle québécois parle-t-on au juste? Au début des années '60, l'Ontario avait environ 500 000 personnes de plus que le Québec alors qu'aujourd'hui l'écart est le décuple avec environ sept millions de québécois versus douze millions d'ontariens. Voilà un chiffre qui parle de lui-même et qui illustre quatre décennies à se déchirer sur l'avenir constitutionnel du Québec alors que notre productivité économique tire du retard. L'Ontario aurait la majorité des dix circonscriptions fédérales les plus riches au Canada alors que le Québec a la majorité des dix circonscriptions fédérales les plus pauvres au pays... Faudra-t-il une récession de l'économie à l'échelle internationale pour qu'on se réveille?
Pierre Senécal, Brossard
19 juillet 2008
On est jamais mieux conseillé que par soi-meme...(Confusion)
Jacques Frigon, Trois-Rivieres
19 juillet 2008
Une autre structure administrative payée par les citoyens du plus beau grand meilleur pays (dixit Jean Chrétien) surtaxé. Je ne sais pas si c'est moi, mais me semble que ça a l'air compliqué d'administrer un pays de seulement 33,3 millions d'habitants.
J'ai l'impression qu'on est dûs pour un grand ménage canadien. En commençant par la Reine du Canada. Devenons un pays indépendant. Ensuite, coupons dans la structure fédérale. Pourquoi avoir des gouvernements provinciaux imposants leurs lois et un gouvernement fédéral imposants d'autres lois en abusant de ses pouvoirs? La péréquation vous me direz? Si au moins cette partie là fonctionnait. Mais non. Rien ne passe bien entre les provinces et le fédéral - sauf quand vient le temps de prendre de belles photos pour essayer de remonter son image.
Tout est devenu un jeu de pouvoir, de petite politique et de promesses électorales. Tellement que pour essayer de faire avancer les choses, on a maintenant un Conseil de la Fédération. Pathétique et surtout symptômatique d'un pays étouffé par ses propres structures. Au rythme où vont les choses, avons-nous vraiment besoin de tous ces politiciens? Ralentissent-ils notre évolution par leur trop grand nombre? Et je n'ai même pas parlé des structures municipales ni des fonctionnaires!
Détenons-nous le record de nombre de politiciens par habitants? Facilite-t-on les dérapages ou fraudes politiques dans un système hyper politisé et presque opaque?
Le gouvernement fédéral devrait répondre aux demandes des provinces et s'occuper des affaires internationales. Point final. On pourrait réduire sa taille de 80% et vivre dans un meilleur pays.
Jean-Francois Ranger, Montréal
18 juillet 2008
Bonjours M.Dussault
Selon l'usage des caractères faibles, le roi Jean Charest leva la cinquième séance du Conseil de la fédération sans rien déterminer, cachant la disette de ses idées par l'abondance de ses paroles. Il ne s'agit de moi de moi, mais du salut du monde. Zzzzz...
Mario Goyette, Charny Qc.
















