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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL


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Carnet Yanick Villedieu

22 août 2008

Le tabou de la maladie mentale


Un sondage de l'Association médicale canadienne publié cette semaine montre, une fois de plus, que la maladie mentale n'est pas une maladie « comme les autres » aux yeux du grand public. Par exemple, seulement la moitié des personnes interrogées diraient à leurs proches — amis ou parents — qu'un membre de leur famille a reçu un diagnostic de maladie mentale. 
 
Simple pudeur de ne pas parler des problèmes de santé qui vous affectent? Désir de ne pas révéler l'état de santé des autres? En partie, sans doute. Sauf que si c'était le diabète ou le cancer, 68 % et 72 % respectivement en parleraient. 
 
Stigmatisation 
 
Encore aujourd'hui, la maladie mentale est une maladie « à part ». Et les personnes qui en souffrent, des personnes « à part ». On se méfie d'elles. On les perçoit comme des personnes instables, imprévisibles, voire dangereuses. Ou paresseuses, parce qu'elles utiliseraient parfois « l'excuse » de la dépression pour justifier des absences prolongées au travail. 
 
Bref, les patients qui souffrent ou qui ont souffert de troubles de santé mentale sont encore, bien souvent, stigmatisés. Près de la moitié de l'échantillon du sondage de l'Association médicale canadienne croit qu'on utilise l'argument de la maladie mentale pour excuser ou justifier de mauvais comportements ou des échecs personnels. 
 
Encore une fois, ce n'est pas ce qui se passe avec d'autres maladies plus « avouables », par exemple les maladies cardiaques ou le cancer. Comme s'il y avait des maladies « nobles » et des maladies « honteuses », comme on disait autrefois en parlant des maladies vénériennes (aujourd'hui, les ITS, les infections transmises sexuellement). 
 
Changer les perceptions 
 
On ne modifie pas du jour au lendemain des préjugés comme ceux qui collent aux questions de santé mentale. Surtout quand ces préjugés sont, en partie, entretenus par les médias, comme l'a montré une étude de l'Association canadienne pour la santé mentale. Rapidement résumée, cette étude montrait que, pour les médias, maladie mentale est synonyme, le plus souvent, de violence et de criminalité. 
 
Évidemment, il faut combattre ces préjugés et stéréotypes. Comme s'attachent à le faire, notamment, des organismes communautaires dont quelques exemples me viennent à l'esprit: les Impatients, à Montréal, Folie Culture, à Québec, la Société québécoise de la schizophrénie ou encore la déjà citée Association canadienne pour la santé mentale. Ces organismes travaillent souvent avec des moyens limités. Mais leurs bénévoles ont le coeur grand comme ça et une merveilleuse énergie. 
 
Grâce à eux et grâce, aussi, aux petits pas que continue de faire la science, la maladie mentale ne sera peut-être plus une maladie taboue. Mais le chemin sera long et difficile.  
 
J'ai un jour demandé à un chercheur bien en vue dans le domaine, le Dr Rémi Quirion, où nous en étions avec les maladies mentales « scientifiquement, médicalement et socialement ». Le Dr Quirion dirigeait l'Institut des neurosciences et de la santé mentale, une des composantes des Instituts de recherche en santé du Canada. Il m'avait répondu sans détour: « Comme au début des années 1960 pour le cancer et les maladies cardiaques. »  
 
C'était pour un reportage que j'avais fait en 2003. Depuis, les choses ont peut-être un peu changé. Le Dr Quirion me dirait peut-être : « Comme au milieu des années 1960... »

Vous avez des questions, des remarques ou voulez me suggérer des thèmes que je n'ai pas abordés?

Écrivez-moi à : carnets@radio-canada.ca

Après ses études à l'École supérieure de journalisme de Lille, en France, et quelques années de journalisme général, Yanick Villedieu a commencé à faire du journalisme scientifique et médical au milieu des années 70. Au magazine Québec Science notamment, puis, pendant deux ans, à la télévision de Radio-Canada, à l'émission Science-Réalité.

 
 

Depuis 1982, il a animé à la radio de Radio-Canada l'émission Aujourd'hui la science, devenu Les années lumière. Il collabore également au magazine L'actualité.

Les champs d'intérêt principaux de Yanick Villedieu sont la médecine et la biologie - deux des domaines les plus fascinants et les plus actifs de la science contemporaine -, notamment ces grandes questions de l'heure que sont le cerveau, le cancer, le sida, la génétique fondamentale et appliquée...

Il a publié quatre livres: Demain la santé (Québec-Science Éditeur, 1976), Le Québec sur le pouce (Éditeur officiel du Québec, 1978 et 1984), La Médecine en observation (Les Éditions du Boréal, 1991) et Un jour la santé (Les Éditions du Boréal, 2002).

28 août 2008

Quel sujet!  
Parler de maladie mentale est comme un sujet qu'on évite . 
Je pense qu'on a peur de cette maladie . 
Si l'on pense à la pédophilie , on est dégouté , à l'alcoolisme !  
J'en nommerais d'autres et le résultat serait : ayoye, tais -toi. 
On pense avoir évolué !  
FOUTAISE !

Gilles Roy, Montréal

28 août 2008

La santé mental était et sera toujours un sujet tabou mais aussi mal compris. Par le passé on a brulé des gens qui avaient des problèmes de santé mental : Sorcière de Salem, Jeanne d'arc et les camps Nazi. Aujourd'hui, on pense que santé mental est égale à dépression et des consommateurs de pilules. Pourtant 1% de la population Schizophrène et 1% de la population est bipolaire. Cette statistique n'inclus donc pas les cas de dépression.  
 
Autre étude psychiatrique. Trois groupes de cas de problème mental. Premier groupe avec des médicaments, deuxième avec des placébos et le dernier groupe.....simplement de l'activité physique. Je vous laisse devinez qui à terminé en premier. Mais, oublier pas que la majorité des gens veulent des médicaments.  
 
Pour votre information, ma femme est psychiatre et ce qu'on voie n'est que la pointe de l'iceberg. On ne parle pas des problèmes de sédentarité, de cyber intimidation, de suicide, des stress post traumatique, des drogues dures (ce qui est un très gros fléau) et bien sûre des psychopathes.  
 
A ces fous.....Aux échecs, les fous entourent le roi et la reine

Normand Trudel, Halifax

28 août 2008

En Amérique du Nord les antidépresseurs sont plus consommé que toutes les drogues illégales réunis (mis à part le cannabis). ''ÇA'' c'est acceptable mais de réduire la productivité alors non ! 
 
Pourtant les antidépresseurs sont de plus en plus reconnus pour augmenter le problème plutôt que de le régulariser. Il y a énormément d'argent à faire avec un des plus graves problèmes de notre société (le stress) alors les bonnes solutions on aura beau en parler ça ne charngera très malheureusement rien. La reconnaissance qui viendrait avec obligerait une diminution des profits des entreprise (moins de charge de travail donc un peux plus d'employés). 
 
Les compagnies étant des personnes morales ayant beaucoup plus de droits et de pouvoir que vous et moi on n'est pas près de rien règler de ce coté-là. Seulement avec la disparation des lobbys. Donc jamais.

Hugo Manningham, Montréal

26 août 2008

Le mental, l'âme et le psychique sont des concepts encore largement confondus dans l'esprit de la plupart du monde. Freud, le premier spécialiste (médecin mentalement surdoué) de la santé de l'âme a popularisé l'idée que l'âme, longtemps dissociée mentalement du corps, lui était intimement liée. La science aujourd'hui abonde dans son sens. Elle montre aussi le lien indubitable entre la santé psychique, le fonctionnement du cerveau et le fonctionnement psychosocial. L'âme, abusivement assujettie au contrôle des puissances religieuses, a donc été assimilée au mental, actuellement abusivement assujetti au contrôle des puissances médicales. Les médecins n'ont pourtant aucune formation scientifique sur la réalité du mental.... Mais ils ont le pouvoir d'influence sur la crédulité humaine, comme les religieux avant eux. Une p"tite pillule, une p'tite granule...un Notre Père, un Je vous Salue Marie et tout ira bien....

Anne Levasseur, Montréal

26 août 2008

Merci de parler de santé mentale. On n'en parle jamais assez. Personnellement, je crois que le cerveau tout comme le coeur, les poumons, le pancréas, etc. peut être malade. Il s'agit bien parfois de maladie mentale, d'un dérèglement chimique et /ou électrique du cerveau que la bonne volonté ou les rencontres avec un psychologues ne peuvent traiter. Merci d'en parler.

Suzanne Mignault, Rouyn-Noranda

25 août 2008

Faut-il parler de maladie ou devrait-on parler de troubles ? À partir de quel niveau une personne doit-elle être considérée comme malade ? Combien de personnes qui ont des doutes sur leur état de santé mentale consultent-elles ? Il faut souvent qu'il y ait un problème de comportement majeur et quelquefois des conséquences pour des tierces personnes pour qu'on se préoccupe de ces aspects de la personnalité d'un indivisu. De plus, disposons nous des ressources nécessaires (et je ne parle pas ici seulement de ressources financières) pour s'occuper vraiment et efficacement des personnes qui souffrent de troubles psychiques ? De plus la maladie dite mentale n'est pas un cas individuel. Ce sont des faits de société. Dans certains milieu un trouble passera très bien et pas dans un autre. 
Sans compter que la « Psyché » fonctionne plus comme un miroir que comme un ordinateur... aussi il est tellement plus simple de dire que c'est l'autre qui est fou, que de se regarder soi-même tel que nous sommes et de voir réellement qui nous sommes. 
Aussi il faut des personnes qui soient folles pour rétablir l'équilibre (précaire) et absorber le déséquilibre global. Tout cela pour dire qu'on travail d'abord sur soi et puis après on aide tous les autres. Après tout, notre bien être est l'affaire de tous et pas uniquement de professionnels qui font tout se qu'ils peuvent pour se rendre utiles mais qui ne disposent pas de quatre mains, ni de journées de 48 heures. 

Serge Drouginsky, Montréal

25 août 2008

Nous vivons dans une société plus ouverte qu'autrefois et notre attitude à l'égard des problèmes de santé mentale a également évolué. Un facteur de cette évolution se situe au niveau des causes: de "punition de dieu" ou "possession du démon" autrefois, à désordre "chimique" aujourd'hui. Il est aussi beaucoup plus facile pour les employés en difficulté de consulter des ressources professionnelles. Le PAE est fréquemment utilisé dans les entreprises et avec beaucoup de succès. 
D'autre part, notre société valorise beaucoup la performance et il faut bien admettre que les problèmes de santé mentale et la performance ne font pas bon ménage. Un employeur recherchera chez un employé principalement deux qualités: compétence et constance. C'est cette dernière caractéristique qui pose souvent problème chez les gens affligés de désordres psychologiques. L'instabilité émotive qui amène, par exemple, un employé à prendre un six mois de congé-maladie après une évaluation de performance -pourtant bien faite et bien communiquée- est passablement dérangeante.Ce n'est pas un stéréotype ou un préjugé. C'est bien réel. 
Il y a aussi le problème de la mesure...Une étude réalisée il y a 2 ans auprès du personnel de Radio-Canada révèlait que près de 50% des employés souffraient de problèmes de santé mentale. C'est beaucoup de monde...il me semble. Je suis heureux, Monsieur VIlledieu, que vous ne sembliez pas faire partie du lot!

Pierre DuBois, Laval

25 août 2008

Selon l'Organisation mondiale de la santé, les personnes qui s'absentent de leur travail le font de plus en plus pour des raisons psychologiques. À ce sujet, environ 20% de la population souffrira d'un problème de santé mentale au cours de sa vie, tel que souligné par Santé Canada. Cependant, la moitié de ces personnes ne consulteront pas. Quel dommage quand nous réalisons que personne n'est à l'abri d'un trouble de santé mentale...

Isabelle Michaud, Québec

24 août 2008

Bonjour. 
La santé mentale est une horreur sociale. 
Je travaille dans ce milieu et je peux vous dire que les bénéficiaires sont délaissés . 
Autant par leur famille , que par les gouvernements qui investissent en médicaments mais non en ressources humaines. 
Facile de donner de la médication, de rendre ces souffrants complètement sans réaction. 
Comment voulez-vous qu'on leur apprenne à se prendre en main, comment les stimuler ?  
Ils se bercent , ouvrent la bouche , avalent leurs pilules et attendent d'aller se coucher. 
Belle journée n,est -ce pas !

Luc Babin, Montréal

23 août 2008

Je suis bipolaire et c'est mieux pour les gens d'entendre ce diagnostic que maniaco -dépressif. 
Ca fait peur la maladie mentale , même si on est suivi. 
Ca nuit à mes emplois , on surveille mes comportements. 
La société préfère se taire, ignorer nos faiblesses ou encore grossir la maladie. 
Je suis dosé au lithium , le prends régulièrement . 
On me surveille , on m'épie à savoir à quelle heure j'ai pris ma médication. 
Bref , je vis en tutelle d'une société dite évoluée.

Luc Roy, Montréal

22 août 2008

Bonjour,  
 
J'ai écouté pas mal de commentaires à la radio et j'ai moi aussi le goût de vous faire partager mes pensées à ce sujet. J'ai souffert d'une maladie mentale, la dépression et moi aussi j'avais au départ beaucoup d'appréhension à consulter le médecin car pour moi c'était un signe de faiblesse. Je ne voulais pas avoir le stIgmate de la dépression. Je n'étais pas avec ma famille dans ce temps-là (travaillais dans un pays étranger) et je crois que cela me satisfaisait car je n'avais pas à me justifier. Heureusement, j'ai eu un excellent psychologue et aussi un psychiatre qui m'ont aidé à surmonter cette dépression. Ce qui m'a fait le plus de bien ce fut d'en parler avec mes ami(e)s et avec un membre de ma famille. Je suis maintenant de retour dans ma famille et je crois que ces derniers ont également essayé de comprendre cette maladie mentale en cherchant sur Internet l'information nécessaire et c'est je crois que ce fut un pas très positif. Merci.

Rachel Blackburn, Saguenay

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