29 août 2008
Le scientifique, le politique et la drogue
Grosse nouvelle: il existe des hommes et des femmes qui prennent des drogues. Parfois des drogues illicites qu'ils s'injectent directement dans le système sanguin en se piquant avec une seringue. C'est comme ça.
Certains voudraient nier l'existence de cette réalité. Ils la réprouvent, la condamnent, la répriment et la « zéro-tolèrent », si vous me permettez l'expression.
D'autres reconnaissent son existence. Et voudraient aider ceux et celles qui s'adonnent à ces pratiques.
De Vancouver à Montréal
La toxicomanie et son traitement ne sont pas des parties de plaisir. Mais avec les années, avec les essais, avec le développement des connaissances, on a fait des progrès. On a par exemple appris que les personnes qui s'injectent des drogues en intraveineuse ne sont pas seulement exposées aux risques engendrés par ces drogues elles-mêmes.
Elles sont aussi exposées aux risques engendrés par la façon dont elles les consomment, notamment le risque de contracter et de transmettre des maladies avec des aiguilles et des seringues infectées. Et pas des maladies bénignes, puisqu'on parle ici du sida et des hépatites.
Problème de santé individuel — même s'il a aussi des causes sociales —, la toxicomanie est également un problème de santé publique. Qu'il convient d'aborder comme tel.
Dans le cas des drogues injectables, on a mis au point des programmes qui visent, comme on dit dans le jargon de la prévention, « la réduction des risques et des méfaits ». On peut par exemple distribuer gratuitement des aiguilles et des seringues propres, stériles, pour éviter que leurs utilisateurs les partagent. C'est ce que fait un organisme comme Cactus Montréal depuis près de 20 ans.
On peut aussi ouvrir un local où les gens viennent s'injecter leur drogue dans un environnement sécuritaire, pour les mettre le plus possible à l'abri des risques de transmission d'infections, de surdose, de violence. C'est ce que fait l'organisme Insite à Vancouver depuis 5 ans. Dans un cas comme dans l'autre, ces organismes aident, conseillent, soignent les gens qui les fréquentent, les amènent à des programmes de désintoxication quand ils sont prêts à y entrer.
Des politiciens résistent
Globalement, l'efficacité de ces programmes de réduction des risques est bien démontrée. C'est la raison pour laquelle l'Organisation mondiale de la santé en fait la promotion.
Pourtant, des politiciens résistent. Ils résistent à la science. Le ministre fédéral de la Santé, Tony Clement, a réitéré la volonté du gouvernement conservateur de ne plus tolérer l'existence d'Insite.
Tout récemment, le ministre québécois de la Santé, Yves Bolduc, se montrait réticent à l'idée d'ouvrir de tels centres au Québec. Un peu partout au Canada, les conservateurs distribuent un dépliant très dur contre « les drogués » qui ne devraient pas être dans la communauté, mais « en cure ou en prison ».
D'un côté, les données de l'expérience, de la recherche et du travail de terrain auprès des grands blessés de l'existence. De l'autre, des visions rigides, moralisatrices, sans compassion.
Où vous situez-vous?
P.-S.: Je diffuserai le dimanche 31 août, aux Années lumière, une table ronde sur la question avec le Dr Alain Poirier, directeur national de la santé publique du Québec, la Dre Suzanne Brissette, chef du service de médecine des toxicomanies au Centre hospitalier de l'Université de Montréal, et Me Louis Letellier de Saint-Just, président du conseil d'administration de Cactus Montréal.
Après ses études à l'École supérieure de journalisme de Lille, en France, et quelques années de journalisme général, Yanick Villedieu a commencé à faire du journalisme scientifique et médical au milieu des années 70. Au magazine Québec Science notamment, puis, pendant deux ans, à la télévision de Radio-Canada, à l'émission Science-Réalité.
Depuis 1982, il a animé à la radio de Radio-Canada l'émission Aujourd'hui la science, devenu Les années lumière. Il collabore également au magazine L'actualité.
Les champs d'intérêt principaux de Yanick Villedieu sont la médecine et la biologie - deux des domaines les plus fascinants et les plus actifs de la science contemporaine -, notamment ces grandes questions de l'heure que sont le cerveau, le cancer, le sida, la génétique fondamentale et appliquée...
Il a publié quatre livres: Demain la santé (Québec-Science Éditeur, 1976), Le Québec sur le pouce (Éditeur officiel du Québec, 1978 et 1984), La Médecine en observation (Les Éditions du Boréal, 1991) et Un jour la santé (Les Éditions du Boréal, 2002).
9 septembre 2008
Je n'arrêterai pas de respirer même si une loi me l'interdis. Même chose lorsque viens le temps de réfléchir à un problème grave.
Des centaines, voir des milliers de petits pusher sur l'île de Montréal et les environs avec un roulement continue dans ses acteurs et consommateurs, grands et petits.
Vous pensez que les lois vont pouvoir influencer d'une quelconque manière sur les consommateurs ou revendeurs ? Nope.
Légaliser, reprendre le contrôle, affaiblir les magnas de la drogue par 100 tout en enlevant de plus en plus aux petits trafiquants des moyens d'obtenir de la marchandise.
La voilà la solution pour diminuer dramatiquement la consommation de drogues.
Au sinon on va continuer à dépenser des centaines de millions pour protéger un marché détenus en bout de ligne par... quelques criminels. C'est tout ce que ça donne la ''lutte aux drogues'' c'est une vrai farce ! Trop de consommateurs, trop peu d'éducation sur le sujet, les policiers eux-mêmes sont complètement désabusés à l'idée d'arrêter encore et toujours des petits caïds et des consommateurs effrenés qui représentent dans le fond une très petite portion des... revendeurs et consommateurs.
Hugo Manningham, Montréal
6 septembre 2008
Les carnets de R-C sont généralement très intéressants et y participer est sonvent une source d'enrichissement personnel.
Il importe cependant que les participants lisent attentivement et essaient de bien comprendre les opinions des autres avant de les commenter. Heureusement, c'est ce que fait la majorité, mais pas tous comme je viens de le consater.
Pierre DuBois, Laval
3 septembre 2008
En réponse à M. Dubois. Il n'existe pas de "Centres gouvernementaux d'optimisation de la vitesse". Par contre, il existe des pistes d'accélération, dont celle de Pont-Rouge près de Québec. Il y a aussi de nombreuses pistes de karting. Et ils ont très possiblement une aide gouvernemental parce que c'est des PME. En fait, je trouve que votre exemple tend dangereusement vers le sophisme. Le toxicomane qui va dans un centre d'injection, obtient son "trip", satisfait temporairement sa dépendance. Tandis que les fous du volant obtiennent leur adrénaline en partie du à l'illégalité de leur acte, sinon, les endroits citées plus haut les satisferaient, au moins temporairement, tout comme le toxicomane.
Frédérik Cloutier, Québec
3 septembre 2008
Bonjour,
je crois que Harper a fait un calcul politique. Il y a plus d'electeurs contre les `drogués` que pour. les drogues font peur et les bons politiciens sont experts a evaluer les plus grosses peurs de leurs concitoyens pour mieux les rassurer. les libéraux ont joué avec les peurs pendant les trentes dernieres années, c'est au tour des conservateurs.
Gerald Fremont, Montréal
2 septembre 2008
Vos commentaires sont très intéressants et il serait captivant d'avoir un échange de vive voix sur ce sujet. Bien sûr qu'il faut aider les toxicomanes...et le plus possible, et il faut continuer à expérimenter de nouvelles approches prometteuses...même les sites d'injection à la limite. Mais il faut savoir ce que l'on fait socialement et quelles valeurs on essaie de renforcer. Même les solutions efficaces doivent répondre à certains critères moraux (quels mots surannés!). Donnons un exemple inspiré par l'édition d'aujourd'hui de la Presse.
Il y a des individus pour qui la course automobile dans les rues apporte des sensations fortes. Complètement accrocs., ils atteignent des vitesses folles avec des conséquences parfois tragiques pour eux- mêmes et aussi pour d'innocentes victimes. Courser dans les rues est une activité illégale puisque l'on dépasse la vitesse permise (100km) et tolérée (118km) et qu'elle est dangereuse. C'est une activité que socialement, on a décidé de sanctionner pour le bien collectif. Or, parmi les causes d'accidents, on note le manque d'habiletés des chauffeurs et la mécanique parfois défectueuse de leurs "bolides" (pneus usés, etc.). Quelle devrait-être la solution à ce problème? La voici: les Centre gouvernementaux d'optimisation de la vitesse. Pour sauver des vies, le gouvernement, et la SQ, pourraient en effet donner des cours de conduite à haute vitesse pour ces mordus, et aussi vérifier les véhicules pour les rendre aptes à atteindre, dans nos rues, des vitesses de 200km/heure et plus. Je suis convaincu que l'on sauverait des vies avec cette solution. Mais quelles valeurs renforce-t-on? Quelle serait la réaction des citoyens? Quelle serait la vôtre? Je veux bien être pragmatique...mais je ressens néanmoins un certain inconfort face à ce type de solution...et je l'exprime malgré le courant actuel de "libertude".
Pierre DuBois, Laval
2 septembre 2008
Pour faire suite aux commentaires. Qu'on parle de subventions pour production de produit légal ou non n'a pas de lien avec les sites d'injection. Il n'y a pas de but de vendre des produits illégaux dans ces sites, les toxicomanes vont dans ces sites pour obtenir de l'aide ou un endroit propre pour se faire une injection. En exagérant légèrement, on peut comparer ces sites à un centre d'hébergement ou un mini CLSC avec des intervenants spécialisés, des travailleurs sociaux capable d'aider ces gens dans un lieu fait pour cela au lieu d'avoir à attendre que la police cueille les toxicomanes dans la rue avant d'intervenir. C'est une sorte de prévention et cela n'engorge pas le système judiciaire. Le seul problème légal est : "doit-on tolérer la possession et l'utilisation de substance illégal pour les gens utilisant ce genre de site dans le but de limiter la propagation de maladie transmissible à autrui, toxicomane ou non?"
Frédérik Cloutier, Québec
2 septembre 2008
J'ai bien écrit que la cigarette ou la prise abusive de médicaments était une manière légale de se droguer.
Est-ce le fait d'être légal signifie que cela est bon pour la santé ? Le fédéral tient un double discours.
"Le gouvernement fédéral et celui de l'Ontario devraient maintenir leurs programmes d'encouragement à l'abandon de la culture du tabac, surtout sous forme d'indemnités en espèces.
Il n'y a pas, au Canada, de subventions directes à la culture du tabac. Cependant, les programmes de recherche et d'assistance technique offerts par le gouvernement fédéral et celui de l'Ontario équivalent à des subventions indirectes auxquelles il faudrait mettre fin sous leur forme actuelle. Ni les contribuables ni un gouvernement qui veut créer une société de non-fumeurs ne devraient contribuer à l'élaboration d'un produit mortel. C'est un coût qui devrait peser sur ceux qui en profitent, les producteurs et les fabricants de tabac.
Les commissions de commercialisation gonflent artificiellement les revenus des cultivateurs inefficaces. Il faudrait dissoudre ces commissions afin que le tabac en feuille se vende aux cours mondiaux et que les agriculteurs ne soient pas les grands profiteurs de l'exploitation d'un produit mortel.
Le gouvernement devrait arrêter d'encourager l'exportation du tabac brut en feuille vers les pays moins développés comme il le fait en permettant aux producteurs de tabac de participer à des missions commerciales internationales parrainées par le gouvernement, de recourir aux services des ambassades du Canada à l'étranger ou de profiter d'autres programmes du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international."
La guerre du Tabac, Rob Cunninghamm
Protéger des emplois est plus important que protéger la santé des citoyens.
Comment assurer l'ordre si on est incapable d'empêcher la vente d'un produit illicite en toute connaissance de cause ? Le fait de pouvoir acheter de la drogue signifie que le fédéral est incapable de contrôler ce qui circule au pays.
Dennis Neault, Gatineau
1 septembre 2008
Bien sûr, nos législateurs ont décidés que la possession et la consommation de drogue se devait d'être illégale (la sodomie l'a déjà été, jusqu'à ce que P.E.T. décide que l'état n'avait que faire de la chambre à coucher). Loin de moi l'idée farfelue de vouloir faire l'apologie de la consommation, mais la dépendance à la drogue, comme la dépendance à l'alcool, au tabac ou au jeu, est un problème de SANTÉ avant d'être un problème de MORALITÉ.
Le problème de consommation se doit d'être pris en charge par les intervenants du domaine de la santé afin de réhabiliter le consommateur, et non pas par les intervenant du système judiciaire qui ne font que le pénaliser sans faire le moindre effort pour traiter la cause du problème. Que la vente/possession/consommation de drogue soit illégale dans un but de santé publique, soit, mais alors qu'on cesse de criminaliser et de marginaliser les consommateurs, qui sont en général malheureux dans leur consommation et qui n'ont besoin que d'un coup de main pour remonter la pente...
David Dufresne, Sherbrooke
1 septembre 2008
Attention. Il faut pouvoir intégrer à son argumentaire le fait que la société canadienne -par ses Institutions- ait décrété que la possession et l'usage de drogues dures étaient illégaux. C'est là le noeud de la problématique à savoir subventionner des centres de consommation de substances illégales. "Oui" disent les uns pour des considérations pragmatiques et "Non" rétorquent les autres pour des motifs moraux et légaux. Une solution de compromis m'apparait inévitable car -selon moi- les deux camps ont (partiellement) raison.
Dans un autre ordre d'idée, la cigarette, les VUs, les médicaments, la viande rouge et tutti quanti ne sont pas illégaux. Je ne vois donc aucune contradiction à subventionner les entreprises qui les produisent. Il faut se rappeler que les gouvernements subventionnent les emplois pas les produits des entreprises qu'ils aident, exception faite de la voiture hybride.
Pierre DuBois, Laval
31 août 2008
Le gouvernement Harper avec ses idéologies dirige le Canada vers de nombreux problèmes. Leur morale religieuse et leur crédo dans le libre marché capitaliste sont des excuses pour l'usage de la répression et l'abandon de la société dans son ensemble. C'est du chacun pour soi où le plus fort peut se renforcir encore pendant que le plus faible peine à suivre et s'affaiblit.
C'est le combat perpétuel entre les connaissances et les croyances. Au lieu de s'en remettre aux décisions des spécialistes, on préfère s'en remettre aux préceptes d'un livre vieux de 2000 ans qui n'a plus aucun rapport avec les réalités de notre époque.
C'est un combat pour le pouvoir mener à l'aide d'Harper par la droite, déjà très puissante, pour une extension encore plus grande de son pouvoir et l'utilisation de la religion est un moyen privilégié pour y arriver.
Il faut s'unir pour retourner les Conservateurs dans l'opposition. On a besoin de centre tel Insite (et d'autres moyens) pour protéger les plus vulnérables, les femmes et les enfants, des conséquences graves de l'usage des drogues, tel le VIH et le VHC. On a besoin de dirigeants modernes qui savent favoriser des politiques qui font avancer toute la société, qui font avancer les vraies valeurs d'équité et de liberté.
Robert Paradis, Boucherville
31 août 2008
Pourquoi le fédéral subventionne-t-il les producteurs de tabac tout en faisant des campagnes contre la cigarette ? Le fédéral subventionne à la fois l'économie d'énergie (auto hybride par exemple) et les fabricants de VUS et de gros V8. Nous ne sommes pas à une contradiction près. Il existe une pléthore d'exemple.
La cigarette ou la prise abusive de médicaments n'est-ce pas une manière légale de se droguer ? On défini la prise répétitive d'un certain produit (dépendance) en fonction de ses valeurs morales et non pas de données scientifiques.
À ce compte, pourquoi ne pas interdire la cigarette ou l'alcool qui engendre des problèmes de santé, du trafic clandestin et une perte de revenu pour l'État ? De bien quand, il existe de bonne et de mauvaise drogue ? Tout est à faire de morale.
Les bars clandestins pullulaient à l'époque de la prohibition aux USA car défier l'interdit était stimulant. Le seul gagnant à l'époque fut le crime organisé : les Al Capone et cie. Idem, aujourd'hui avec les drogues.
Les USA ont perdu la bataille : ils ont dû reculer et autoriser la vente d'alcool. Par la même occasion, la violence a baissé et la demande aussi, l'État a pu établir un certain contrôle sur le produit. Le crime organisé a stagné pendant quelques années soit jusqu'à la mise en place de Las Vegas (jeux et prostitution).
Le fédéral doit comprendre qu'il ne pourra jamais éliminé la drogue sans faire preuve d'ouverture dans ce marché particulier. Pour contrôler le marché de la drogue à long terme il faut un acteur actif capable d'offrir une alternative permettant à chaque personne souffrant d'intoxication chronique de quitter cette boucle létale.
La prévention à long terme est la solution; la répressive est un miroir aux alouettes qui ne résouts pas le problème à moyen et long terme.
On devrait voir ce qui se passe aux Pays-Bas.
Dennis Neault, Gatineau
31 août 2008
Bonjour Monsieur Villedieu,
Les interventions de vos correspondants, notamment celle de Monsieur Schubreit, résume très bien la problématique soulevée dans votre carnet.
Il ne sera pas facile de trouver une solution qui pourra rallier les tenants des Principes et les tenants du Pragmatisme, mais je crois que c'est faisable car il y a du vrai dans les deux positions.
Les deux valeurs fondamentales à défendre touchent à la protection de la Vie et à la protection de l'intégrité physique et morale. Ces valeurs font consensus chez les tenants des deux positions, et chez la population en général. Il reste à trouver et à élaborer une solution qui applique ces deux valeurs au cas présent.
Par exemple, si les centres en question favorisaient une sensibilisation et une prise de conscience chez leurs usagers -sans tomber dans le prêchi-prêcha-, ils seraient plus acceptables socialement. Il est probable que les "drogués purs et durs" s'abstiennent de les fréquenter, mais il y aurait de l'espoir pour les autres.
L'argument unique et un peu court que les piqueries supervisées sauvent des vies et doivent donc exister tels quels me laisse un peu froid. À ce compte et dans le même esprit, on devrait donner des cours de maniement d'armes aux membres de gangs de rue pour qu'ils atteignent leurs cibles sans mettre en péril la vie d'honnêtes passants...
Pierre DuBois, Laval
31 août 2008
La tentation illusoire de vouloir tout contrôler par la force policière où militaire est caractéristique des polarités idéologiques situés aux extrêmes, et comme dans toutes sociétés totalitaires, c'est l'arbitraire qui finit par dicter sa loi, et la compassion se retrouve assis sur un siège éjectable...très Nietzschéen comme réflexe-xion. La maladie mentale, la drogue, l'alcool sont considérées comme faiblesse de l'esprit et manque de volonté. Combien de personnes souffrant de maladie mentales se retrouvent à la rue suite à une dépression ... les pertes d'emploie sont rarement compensés par des parachutes dorés pour le commun des mortels. La répression n'est rien d'autre qu'une politique d'exclusion sociale qui sert à agrandir l'écart entre les riches et les pauvres au détriment de ces derniers...alors comme des animaux, on les met en cage pour les empêcher de nuire à la loi et l'ordre du marché, au lieu de leur offrir de l'aide. Les groupes Anonymes ont bien compris le rôle de la compassion dans la réhabilitation des personnes dépendantes de drogues et souffrant de dépression.
Les prisons sont reconnues pour être des écoles du crime, et il y a autant de drogue à l'intérieur des murs qu'à l'extérieur.
Libéraux et conservateurs sont sur la même longueur d'onde en ce qui concerne les intérêts à protéger au détriment de l'équité sociale et de la santé publique, pendant que la loi du marché est en train d'enfermer la planète dans une chambre à gaz. (CO²)...cette drogue-là,on me l'impose,et, si la pire des drogue était l'économie marché...Pourrait-on l'envoyer en cure, ou la mettre en prison.
Denis Miron, Montbeillard
31 août 2008
Je suis personnellement pour les centres d'injections. Si ce n'est que pour le ramassage des seringues souillé au lieu qu'elle finisse dans un parc ou c'est dangereux pour tout le monde et pour donner des seringues propres. Même les policiers sont pour. Mais bon il y en a qui doivent dormir sur la switch à quelques part. J'espère juste que leurs enfants (des politiciens) ne se drogueront pas car ils seront eux aussi bon à jeter en cure ou en prison. (rire sarcastique, bien non il n'y a que le petit peuple qui va en prison) Qui plus est, pourquoi ne pas tout simplement légaliser toute les drogues. Je ne consomme pas et même si ça devient légal je ne consommerai pas plus. Au mieux les vendeurs de drogues paierais leur juste part d'impôt afin de eux aussi fournir à la RAMQ entre autre chose afin de soigner les malades des drogues dite illégale. Il y a une multitude de monde contre car de toute évidences ils perdraient leur emplois (Juge, politicien, policier, avocat, gardien de prison etc.) Il y aurait toujours bien sur des gens pour s'en procurer illégalement, comme les cigarettes, l'alcool. Mais aux moins ça ne serait pas 100% de profit non taxable qu'on ne revoit jamais mais quand le tit-gus tombe malade c'est le système public qui paie pour lui sans que ceux qui lui ont vendu le produit ne paie d'impôt. C'est aberrant. Légaliser ne règle aucunement les problèmes mais au moins tu as une meilleure idée du niveau de consommation dans ta population. Les dealers de haut niveau faut pas se le cacher sont de très très bon entrepreneur, parmi les meilleurs même car ils performent dans le noir. Imaginons maintenant ce qu'ils pourraient faire si légaux. Peut-être même un moteur créateur d'emploi. Le cartel de Cali avait bien un système de rente et de retraite avec vacance payé et tout, le meilleur employeur de la région et pourtant illégal. Cela bat bien des entreprises privé en ce moment. Merci et bonjour.
Olivier Gravel, Saint-Jean-Richelieu
30 août 2008
Je ne défends pas la décision des conservateurs et encore moins leur approche moralisatrice mais il faut reconnaître que l'État est en contradiction avec lui-même en permettant ce genre de programmes.
D'un côté, l'État a le mandat de combattre le trafic d'une liste de substances classées comme illégales en raison des ravages qu'elles occasionnent à ceux qui les consomment. Mais de l'autre côté, l'État permet à des individus de s'injecter ces mêmes substances illégales dans un lieu autorisé par lui. La contradiction est patente.
Le commerce d'espèces menacées est illégal. Qu'est-ce que les écologistes et les scientifiques diraient si on permettait le commerce de ces espèces dans des lieux spéciaux «supervisés» en vertu d'une quelconque logique se voulant rationnelle, voire scientifique (genre: de tels trafiquants existeront toujours, il vaut mieux encadrer et vivre avec)? Ils recommanderaient le fin immédiate de ces programmes et la répression pure et dure contre les contrevenants!
Il y aura sans doute toujours des meurtres, des viols, des agressions, etc. Comme dirait M. Villedieu, «c'est comme ça». Ce n'est pas parce que «c'est comme ça» que la répression doit s'adoucir. La même logique peut s'appliquer pour les drogues.
La décision de permettre un programme comme Insite se défend. La décision de ne pas le permettre se défend aussi, la liste des ravages provoqués par les drogues est tout aussi scientifique que la liste des bénéfices du programme.
Martin Schübreit, Montréal
30 août 2008
Je suis intervenant en toxicomanie depuis 25 ans et j'ai constaté que la répression est un échec car elle confirme la culture de l'underground. En un mot--- et cela se prouve sur le terrain--- plus on tente de réprimer le traffic ou la consommation plus la drogue occupe le terrain.
Par ailleurs, les approches de réduction des méfaits ont pour effet de créer des liens personnalisés et des prises de conscience chez les usagers qui en viennent souvent par eux-mêmes à diminuer ou encore stopper la consommation. On a le choix: favoriser la hausse de la criminalité ou aider les gens à s'en sortir en les respectant.
Jean Le May, Saint-Jean-sur-Richelieu
30 août 2008
Bonjour.
Je viens de lire les 2 commentaires et mon opinion est la même .
Ce serait normal d'avoir un centre pour controler la toxicomanie mais comme le note un internaute , est -ce que j,accepterais ce centre dans ma rue?
C'est la même situation pour les prisons.
Il en faut mais pas dans ma rue.
Harper est contre ce projet.
Les élections lui donneront ou le pouvoir ou la contrepartie .
Personnellement , je vois Harper beaucoup comme Duplessis.
Il est contre l"avortement , l'homosexualité et la toxicomanie.
Luc Roy, Montréal
30 août 2008
Je tiens a me corriger: l'office mondial de la sante appuie de tels sites; mais le federal, non.
Mathieu Spenard, Victoria, C.-B.
29 août 2008
Honnêtement, je suis passablement contre les drogues, toutes les drogues. Je ne fais aucune distinction entre drogues dures, drogues douces et drogues délivrées sur ordonnances. Si les drogues c'était bon, on le saurait et évidemment je me droguerais matin, midi et soir. Ouvrir des endroits ou les drogués puissent s'injecter ce qu'ils veulent d'une manière sécuritaire, c'est pour nous donner bonne conscience, c'est pour nous autoriser le petit joint de la fin de semaine ou le petit « coup de trop » du dimanche ou toutes autres faiblesses qui naturellement nous habitent. En d'autres termes je me montre ouvert et tolérant avec les autres parce que je veux qu'on soit gentil et tolérant avec moi. C'est triste à dire, mais être libre, c'est aussi choisir de quelle façon on veut mourir. En revanche, je pense qu'il faudrait aider beaucoup plus efficacement celles et ceux qui veulent s'en sortir et réprimer de manière musclée et durable ceux qui s'adonnent au commerce de la drogue et cela commence dès le premier gramme vendu à autrui. J'imagine que mes propos vont me faire passer pour un Ultra droitiste.... Mais j'assume !
Serge Drouginsky, Montréal
29 août 2008
Bonjour,
J'habite temporairement Victoria, mais je viens de la region vancouveroise et je dois admettre que, malgre le fait que Insite existe depuis plus de 5 ans, son existence a ete remise en cause a plusieurs reprises. Par exemple, le spectre de ne plus avoir la license du federal qui permet un tel site, est la depuis l'arrivee des conservateurs au pouvoir. L'arrivee des Olympiques de 2010 n'aidera en rien la cause car "on veut faire du menage". Meme l'office mondial de la sante (desole, je ne connais pas le nom officiel en francais) trouve qu'un tel site n'est pas approprie. Mais, les authorites municipales et provinciales, se battent pour maintenir le site ouvert. Pourquoi? Parce qu'il permet a des gens de s'en sortir, parce qu'on parle d'etres humains qui n'ont pas eu la meme chance que nous tous, et que tous meritent une deuxieme chance ou du moins, une aide.
Les "drogués" comme le dise les conservateurs, sont partout: de la rue, jusque dans des bureaux de direction de compagnie. Je me souviens de l'article que j'ai lu dans le 24hrs de Vancouver ce printemps, ou des femmes parlaient de leurs dates. Une parlait qu'elle avait rencontre un homme d'affaire, qui lui avait offert de la coke avant meme de commencer le repas. La drogue est donc un phenomene social, et non marginal. Faire l'autruche face au probleme ne fera que le rendre pire qu'actuellement.
Je vous souhaite bonne chance pour ouvrir un tel site au Quebec. La ville de Victoria voulait en ouvrir un, et elle avait meme un site en tete; malheureusement, les citoyens se plaignent. Ils sont tous pour l'idee, mais le syndrome du "pas dans ma cour" est tres courant. De plus, les authorites federales refusent de donner un tel permis. Mais bon, le maire, le CRD (Capital Regional District), et le gouvernement liberal provincial de Mr. Campbell se battent; qui sait ce qui arrivera avec les elections!
Mathieu Spenard, Victoria, C.-B.
29 août 2008
Bonsoir.
On vit dans un monde de consommation et la toxicomanie est un problème social.
A Vancouver , on donne le droit d'avoir des seringues et aussi injecter la substance à des endroits permis .
Je suis tout à fait d'accord qu'on devrait en faire autant au Québec .
Je n,aimerais pas voir sur mon trottoir des seringues et penser me blesser à ce contact.
On n'encourage pas la toxicomanie mais c'est un genre de prévention appropriée .
Ça semble illogique pour certains de payer pour ce servive mais cette situation est actuelle .
Claire Thibaudeau, Sherbrooke
















