31 octobre 2008
Les droits des animaux
Le dernier bar des sciences Radio-Canada / Québec Science a eu lieu le mardi 28 octobre à Montréal. On y débattait des droits des animaux. Une fois de plus, les points de vue opposés... le sont restés.
Et ils le sont restés d'autant plus que les tenants des droits des animaux n'envisageaient pas le moindre compromis.
Défenseurs des animaux
Pour eux et pour elles, les « animaux non humains » ont purement et simplement les mêmes droits que les « animaux humains ». Pas question, donc, ni de les manger, ni de les utiliser en recherche, ni, à la limite, de les utiliser comme bêtes de compagnie.
Cette position, d'un point de vue philosophique et moral, peut se comprendre: on respecte la vie, toute vie, comme un absolu, une valeur suprême. Donc, pas touche à la vie, pour quelque raison que ce soit.
On dénonce du même coup tous les mauvais traitements, tortures, massacres et exactions commis par les humains sur les non-humains. L'élevage intensif, le gavage des oies, les abattoirs, les essais de cosmétiques, les expériences de laboratoire, les cages, tout y passe. Sont bien sûr véhémentement dénoncées les souffrances imposées aux animaux petits ou grands, primates ou pas, mammifères ou pas.
Les bons arguments?
J'admets qu'on puisse avoir cette position philosophique du pas touche à la vie animale, quelle qu'elle soit. C'est une philosophie que je ne partage pas, mais que je comprends.
Ce qui m'embête, par contre, ce sont les arguments qu'on utilise parfois pour défendre cette position. Dont l'argument, complètement faux, selon lequel aucun progrès biomédical n'a jamais été réalisé grâce à la recherche sur l'animal. Il faut ne jamais avoir ouvert le moindre livre de médecine ou de biologie pour soutenir une telle fausseté. La découverte de l'insuline à Toronto, en 1920-1921, s'est faite grâce à des expériences sur des chiens. Et, du jour au lendemain, les enfants atteints de diabète de type I ont cessé de mourir au bout de quelques mois.
On pourrait citer des centaines, même des milliers de cas de ce genre. Et quand quelqu'un a affirmé, pendant le bar des sciences, que le cancer serait déjà probablement vaincu si l'on n'avait pas fait de recherche sur l'animal, j'ai eu du mal à en croire mes oreilles d'animal humain!
Cela dit, c'est vrai que, parfois, les résultats obtenus sur l'animal ne sont pas extrapolables à l'humain. Mais ils le sont la plupart du temps — justement à cause de ce dont se réclament haut et fort les défenseurs des animaux: notre parenté biologique très forte avec lesdits animaux.
Après m'avoir lu, prenez le temps d'écouter, le dimanche 2 novembre, la deuxième heure de mon émission, Les Années lumière. J'y présente les meilleurs moments de ce bar des sciences sur les droits des animaux. Et écrivez-moi pour continuer le débat.
Après ses études à l'École supérieure de journalisme de Lille, en France, et quelques années de journalisme général, Yanick Villedieu a commencé à faire du journalisme scientifique et médical au milieu des années 70. Au magazine Québec Science notamment, puis, pendant deux ans, à la télévision de Radio-Canada, à l'émission Science-Réalité.
Depuis 1982, il a animé à la radio de Radio-Canada l'émission Aujourd'hui la science, devenu Les années lumière. Il collabore également au magazine L'actualité.
Les champs d'intérêt principaux de Yanick Villedieu sont la médecine et la biologie - deux des domaines les plus fascinants et les plus actifs de la science contemporaine -, notamment ces grandes questions de l'heure que sont le cerveau, le cancer, le sida, la génétique fondamentale et appliquée...
Il a publié quatre livres: Demain la santé (Québec-Science Éditeur, 1976), Le Québec sur le pouce (Éditeur officiel du Québec, 1978 et 1984), La Médecine en observation (Les Éditions du Boréal, 1991) et Un jour la santé (Les Éditions du Boréal, 2002).
5 novembre 2008
Que faire pour juger de l'utilité des expériences? On peut se fier à des études de type métaanalyses qui reprennent les résultats d'un certain nombre d'expériences pour tester l'hypothèse de départ. Malheureusement, ces études sont rares et ont déjà démontré que les modèles animaux ne permettaient pas d'informer la médecine, et que les résultats étaient significativement différents entre les humains et les autres espèces animales.
On peut aussi se fier sur des travaux similaires à ceux du Dr. Anne Dagg, de l'Université de Waterloo, qui avait mesuré le rapport entre le nombre de citations des articles scientifiques et le nombre d'animaux utilisés dans ces expériences et faire un classement par journal. Un rapport faible signifiait qu'un journal publie des articles qui sont peu ou pas cités, et ont donc, peu d'intérêt pour d'autres chercheurs. Un fort rapport indiquerait l'inverse, donc que moins d'animaux ont été utilisés dans des recherches plus méritantes. Troisième point: on pourrait croire qu'en se fiant sur les prix Nobel, on aurait une juste appréciation de l'importance de la recherche animale en médecine et en physiologie humaine. Dans les deux dernières décennies, 64% des Nobel furent attribués pour des projets n'ayant pas recours aux animaux et que 18% combinent alternatives et recherches animales. En toxicologie, les tests sur les animaux représentent un jeu de pile ou face avec la santé humaine. Malgré les essais détaillés sur des animaux (et sur des humains), les effets indésirables des médicaments tuent chaque année 120 000 personnes dans la Communauté européenne et 100 000 personnes aux États-Unis. On le savait, les tests de toxicologie sur l'animal ne sont pas faits pour garantir la santé humaine. Entre un rat et un humain, il y a certainement des différences à l'échelle moléculaire et cellulaire qui rendent les prédictions hasardeuses, coûteuses et dangereuses.
David Ruffieux, Montreal
5 novembre 2008
Grâce à la vivisection que l'insuline fut découverte? On croit à tort que ce sont les Canadiens Best et Banting qui, en 1921, ont démontré le rôle de l'insuline dans cette maladie. En 1788, le médecin Thomas Cawley avait déjà fait le rapport entre le diabète et la dégénérescence du pancréas - sans vivisection - en examinant le corps d'un de ses patients, mort de cette maladie. Déjà en 1766, un autre médecin Matthew Dobson détectait un taux élevé de sucre dans l'urine d'un de ses patients.
Les aliments d'origine animale, à haute teneur en protéines et en gras, favorisent l'apparition du diabète, lorsqu'on étudie les populations.
Pas besoin de torturer des chiens pour savoir que les cas de diabète sont rares, sinon inexistants, dans les pays où on consomme surtout céréales, légumes et fruits. (De nombreuses études scientifiques et épidémiologiques confirment le lien entre l'alimentation et le diabète)
Dans les cas de diabète juvénile, des vaccins pourraient déclencher la maladie. Dans le New Zealand Medical Journal (mai 1996) le Pr. Barthelow Classen déclarait qu'il pouvait y avoir un lien entre le vaccin de l'hépatite B et le diabète. Il a constaté une augmentation de 60% de diabète juvénile après une campagne de vacination massive contre l'hépatite B entre l988 et l991 en Finlande.
La vivisection manque cruellement d'une vision globale de l'humain. Le fait de s'acharner sur des millions de souris, de chiens ou de singes pour trouver des remèdes à nos intoxications, mauvaises habitudes alimentaires, dépendences ou notre empoisonnement environnemental est absurde. Preuve en est que les humains souffrent de plus en plus de diabète, de cancers, d'obésité et de maladies dégénératives.
Commencons par nous alimenter avec des végétaux, réglons les problèmes environnementaux de pollution et changeons nos habitudes de vie. Nous aurons alors déjà fait un grand pas vers notre libération mais aussi celle des animaux, nos esclaves non-consentants.
Marjolaine Jolicoeur, Sainte-Rita
5 novembre 2008
En tant qu'étudiante en philosophie devenue végétarienne par conviction, j'aimerais apporter quelques nuances à ce débat sur les droits des animaux.
Tout d'abord, j'aimerais répondre à l'argument central évoqué par M. Villedieu: l'histoire démontre que nous avons bel et bien fait des progrès dans divers domaines grâce à des recherches faites sur les animaux. Je crois que ceci est un fait indéniable. Mais n'oubliez pas, on a aussi fait des progrès considérables en sciences durant la Deuxième guerre mondiale, lorsque les nazis faisaient des tests sur les juifs.
Mon exemple est peut-être extrême mais il illustre bien le fond du problème. Même si la science a utilisé des animaux et qu'elle en a tiré bénéfice, cela ne veut pas dire que c'est nécessairement la chose à faire, moralement parlant.
D'un autre côté, il y a aussi le débat concernant la consommation de viande. Comme vous le mentionniez plus haut, certains vont voir dans l'animal non humain un semblable et vont ainsi refuser de le manger, par dignité et respect de la vie. Je crois qu'on peut tous s'entendre sur le fait que manger de la viande qui a été produite de façon massive, qui a été élevée dans un endroit restreint et trop aliénant de son véritable milieu naturel ou encore qui a été gavé de produits, d'hormones de croissance, de farine animale ne démontre pas de respect pour les animaux non humains.
Ceci dit, je crois par contre qu'il y a une zone de gris dans ce débat. Oui, je suis végétarienne, mais j'accepte de manger de la viande qui a été chassée, de la viande dont je connais la provenance, dont je sais qu'elle a gambadé dans les champs avant d'atterrir dans mon assiette. Je crois que cette façon de manger de la viande est beaucoup plus respectueuse et pour la nature, et pour notre santé.
Pensez-y la prochaine fois que vous achetez du steak haché américain...
Morgane Clément-Gagnon, Québec
4 novembre 2008
Après avoir déploré l'extrémisme rencontré trop souvent dans ce vaste débat sur la protection des animaux.
Après avoir interpelé la nécessité d'arguments pour justifier les diverses positions avancées.
On y va de l'interrogation suivante:
"Pourquoi on se permet de tuer des animaux pour apprendre à soigner des humains, sans aussi se permettre de tuer des humains pour apprendre à soigner des animaux?"
Diantre!
Bien sûr, "tuer des humains pour apprendre" c'est comme disséquer une grenouille pour commencer à comprendre l'anatomie, on "tue des animaux pour apprendre"...
C'est du pareil au même!
À moins que l'exercice soit placé à l'identique pour "apprendre à soigner".
Donc "tuer des humains pour apprendre à soigner" le sida en leur inoculant un vaccin expérimental testé pour la première fois, c'est comme "tuer des animaux pour apprendre à soigner" le sida humain en l'inoculant sur des souris pour tester ensuite un vaccin expérimental.
C'est du pareil au même!
À moins que l'exercice soit ultimement placé sur le même plan dans le but de "tuer des animaux pour apprendre à soigner des humains", c'est la même chose que de "tuer des humains pour apprendre à soigner des animaux".
Ici c'est le pont fait d'une espèce à l'autre qui est préconisé, on considère alors les espèces à l'identique.
On envisage d'inoculer la grippe aviaire aux humains pour comprendre comment soigner un élevage d'oies...
Ce qui est comme inoculer la grippe aviaire à des oies pour comprendre comment sauver la population d'un village en Chine....
C'est bien évidemment du pareil au même!
Diantre!
Je constate qu'une foule de valeurs politiques, sociales, légales et morales - impliquant toutes une dose élémentaire de gros bon sens - ont malheureusement été comprises tellement différemment par certains participants, que la distance sidérale dans l'usage et la valeur attribués à certaines notions ne peut que décourager le dialogue...
Ce qui est bien déplorable.
Michel Barbant, Guadeloupe
4 novembre 2008
Qu'est-ce qu'un non-humain ? Est-ce que je torture un moustique quand je lui arrache les pattes? Est-ce que les plantes souffrent quand on coupe leurs feuilles ? Est-ce que mon chat est malheureux ? Est-ce qu'il va falloir se laisser manger par les loups, les ours ou les lions, parce que ce sont des « non-humains »? Vas t'on devoir endurer la peste bubonique parce que les antibiotiques « causent de la douleur » aux microbes? Devront nous empêcher les loups de chasser les orignaux, « parce que ça leur fait mal » ?
L'humain, par la complexité de son cerveau, s'est hissé au sommet de la chaine alimentaire. L'humain a donc droit de vie ou de mort sur tout ce qui est en bas. C'est la loi de la nature. Accusez-moi de suprémaciste humain, si vous voulez. Je suis fier d'être en vie. Je suis fier d'être humain.
Que ces militants ne veuillent pas manger de viande, c'est leur problème. Lorsqu'ils jouent aux bien-pensants et viennent saboter la vie des autres, ils se transforment alors en nuisance. Plusieurs ont même poussé leurs concepts et ont formés des groupes terroristes (la nuisance ultime).
Les tests sur les animaux font partie intégrale des processus d'homologation des produits, entres autres, des produits pharmaceutiques. Je vois mal un humain dire :
Donnez-moi le cancer et vérifiez si votre médicament marche!
Attendez, je vais m'injecter cette nouvelle molécule et j'ignore si elle me tuera !
Modifiez mon code génétique pour découvrir ses fonctionnalités!
Ou bien : Vérifiez quelle sera la dose maximale de ce médicament et quels seront ses effets sur ma santé, avant que je meure ?
Les tests sur les animaux nous donnent des informations critiques que nous ne pourrions pas obtenir sur des humains. Les tests sur les animaux sauvent des vies. S'il faut tuer 10,000 rats pour sauver un homme, je crois que ça en vaut la peine. Prôner le contraire, c'est prôner le déclin de notre espèce.
Frédéric Picard, St-Jean-Sur-Richelieu
4 novembre 2008
Que les humains que j'adorent pensent qu'ils sont supérieurs aux animaux que j'adore aussi. je crois personnellement que c'est un maudit concept Judéo-chrétien encore une fois, des concepts religeux en somme.
Lawrence Bolt, Greenfield Park
4 novembre 2008
nous sommes le plus important éleveur de chiens de petites races au canada..un animal reste un amimal,nous devons s en occuper le nourrir l entreteni et en prendre soins ..comme un animal, ni plus ni moins et bien sur l aimer. par contre nous sommes contre la recherche sur tous les types d animaux. la maltraitance est un fléau.ne jamais oublier q uil sont nos compagnons, et ont des droits, comme tous les êtres humains . merci
Laurent Blanchette, St-Lin, laurentides
3 novembre 2008
Notre bon gouvernement Charest était supposé voté une loi pour la protection des animaux,pour les chenils insalubre...ou est-elle cette loi,des promesses M.Charest.n'oubliez pas que des élections s'en viennent.On attend toujours.
Dorice Nadeau, Quebec
3 novembre 2008
Mme Guichandut, vous représentez, en vos opinions, le meilleur exemple de "l'humain est supérieur à tout". Non seulement je compare les animaux à des déficients intellectuels, mais je les compare à vous, à moi, et au Pape! Nous sommes TOUS des animaux. Pourquoi ne serions-nous pas tous "sur le même pied" ?! De quoi avez-vous peur?! Qu'est ce que cette manie de toujours vouloir être supérieur aux autres êtres vivants?!
Aucun sens éthique?! Les défenseurs des droits des animaux?! Vous voulez rire?! Informez-vous sur le grand sens éthique des abatoirs, des baleiniers, des chasseurs de phoques et des braconniers.
Vous savez peut-être faire la différence entre un être humain et un animal, mais vous n'aurez jamais d'ailes pour voler.
Clyde Paquin, Montréal
3 novembre 2008
Votre Bar des sciences sur les «droits » des animaux m'a laissée avec un goût très amer. Pas parce que les animaux souffrent, mais parce que certains défenseurs des «droits » des animaux n'ont aucun sens éthique. À deux reprises, ils/elles ont mis sur le même pied les déficients intellectuels et les animaux. Vous avez interpellé vos savants mais ils ont évité totalement votre question. Mais ces gens ont bel et bien comparé des êtres humains, des citoyens comme eux pourtant, à des bêtes, à des rats, à des vaches, à des souris, à des porcs, ces animaux dont ils défendent les droits!. Il vous faudra un jour revenir à ce questionnement au coeur même de cette réflexion sur les «droits» des animaux.
Je suis évidemment contre la cruauté exercée sur les animaux. Mais je sais encore faire la différence entre un être humain et un animal.
De façon ironique, je pourrais ainsi résumer ma pensée sur ce genre de discours : ces gens souffrent du syndrome de «Walt Disney», i,e. ils ont vu trop de films dans lesquels les animaux s'aiment, parlent, philosophent... Ils ont oublié que ce n'était pas des documentaires mais bien de la fiction!
Diane Guichandut, Montréal
3 novembre 2008
La plupart des religions du passé ont mis le respect des animaux et des écosystèmes sur un piédestal même si c'était basé la plupart du temps sur une vision anthropocentrique.
La nouvelle religion, qui est l'économie (ne faisont pas l'autruche), n'est pas diriger vers du long terme et un évolution prenant en compte des besoin aussi complexe que la dignité humaine et celle des animaux.
L'existence et la dignité ne sont plus que des valeurs passives, ne pouvant s'échanger sur le marché, donc, futile.
La vie est tellement plus belle que ça... Il y a des personnes qui vivent à l'aide de chiens guides, est-ce que vous penser que ces personnes voudraient manger leur chien.
L'humain n'est pas capable de gérer son existence, comme la plupart des espèces. Quelques espèces ont des fonctions autorégulées pour éviter la surpopulation et tous les inconvénients en lien, un jour peut-être que l'humain fera de même.
Sur ce, bonne journée.
David Boivin, Gatineau
3 novembre 2008
La question soulevée par M. Villedieu est très bonne, nous sommes tous d'accord qu'il faut protéger les animaux, mais jusqu'à quel point somme nous prêts à le faire et quels arguments utilisons-nous pour justifier notre position?
Ce débât en est un qui tombe souvent dans les extrêmes. Les groupes de protection des animaux s'attendent parfois à ce que l'être humain renie sa propre nature. Les animaux ne se font pas de quartier entre eux lorsqu'il est question de se nourir ou de protéger leur territoire, l'être humain a les mêmes tendances.
D'un autre côté, l'être humain donne souvent priorité à sa gourmandise aux dépends de la nature. On sait tous quels dommages l'humain a causé à son environnement, et c'est pas fini. De plus, pourquoi on se permet de tuer des animaux pour apprendre à soigner des humains, sans aussi se permettre de tuer des humains pour apprendre à soigner des animaux? Pourquoi l'humain doit toujours avoir priorité lorsqu'on parle de progrès?
Bref, ce n'est pas une question du type noir et blan, il y a une grosse zone grise! Qu'est-ce qui constitue le traitement éthique des animaux et de la nature et qu'est-ce qui est trop cruel? Je me pose encore ces questions, mais une chose dont je suis certain c'est que les groupes environnementalistes peuvent avoir de l'influence sur les gens seulement s'ils sont perçus comme étant raisonnables. Lorsqu'ils demandent aux gens de faire des changements trop grands ou lorsqu'ils utilisent des arguments faux, ils font plus de tort que de bien à leur cause...
François Jetté, Longueuil
2 novembre 2008
J'ai écouté avec avidité le «Bar des sciences», au terme de quoi, je suis allé dévorer un succulent mélange de légumes au tofu assaisonné d'un subtile filet d'huile d'olive....... Excellent à manger, très bon pour la santé! (avec un petit verre de Bordeaux, cela ne nuit pas)...... Je dois dire objectivement que je ne suis pas du tout d'accord avec les commentaires de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer (si je ne commet pas d'erreur) qui déclare en substance en parlant des végétariens qu'ils se positionneraient dans la société avec des dictats du genre: «Vous êtes avec nous ou vous êtes contre nous» comme si les végétariens de ce monde avaient la même vision des choses que George W Bush : «You are in or you are out!», franchement venant d'un philosophe et d'un juriste, cela ne fait pas sérieux!
D'autre part, j'ai remarqué que le sujet du débat, relatif aux droits des animaux a tourné très vite autour d'un autre sujet: La souffrance. C'est d'ailleurs un débat fondamental qui touche en premier lieu à l'éthique humaine bien plus qu'à l'éthique animale. Indubitablement la souffrance existe pour tous les êtres vivants sans exception, cela s'applique autant pour les insectes, que pour les plantes et peut-être aussi pour les minéraux. La réalité est que nous souffrons d'autant plus que nous faisons souffrir. Une personne qui fait souffrir peu, souffre moins ou peu; elle peut même dans certains cas transcender le seuil de la souffrance. Le problème est justement que nous ne voulons pas souffrir et que pour chasser cette souffrance nous sommes prêt à la transférer à des organismes considérés (par nous-mêmes) comme inférieurs. C'est d'autant plus odieux que cette perception peut s'étendre aussi à d'autres de nos semblables. C'est peut-être notre façon de nous voir et de nous regarder que nous devrions réformer et aussi des notions plus terre à terre comme celles du partage. Enfin, bravo pour ce débat où chacun a pu s'exprimer suivant sa sensibilité.
Serge Drouginsky, Montréal
2 novembre 2008
J'aimerais ajouter que notre comportement envers les animaux et envers la nature dans son ensemble est le reflet de nos agissements envers notre espèce... C'est grave de conséquence.
Marc-André Villeneuve, Saint-Elzéar-de-Témiscouata QC
2 novembre 2008
"Tout est lié". Cette petite phrase recrée à elle seule l'univers dans le lequel la vie s'est implantée. L'être humain est souvent un animal pervers qui agit à l'encontre de la nature dont il est issu, avec les conséquences que nous connaissons. Son impact négatif sur la vie dépasse ce que toutes les autres espèces animales réunies ne pourront jamais égaler. A-t-on déjà vu un groupe d'animaux, et même des êtres humains nommés, à tort, de "primitifs", en arriver au génocide ? Jamais. Et pourtant, les humains "modernes" y parviennent allègrement.
Je déplore le manque d'humilité de notre race envers les autres espèces vivantes, y compris envers les plantes. Notre civilisation a tort de s'enorgeuillir de ses réalisations techniques alors que la nature a déjà largement inventé... bien avant elle.
Les animaux ont des facultés que nous n'avons pas et ils méritent notre respect.
Si on les utilise pour notre profit, ils doivent être traités avec égard et on doit tout faire pour leur éviter des souffrances inutiles.
Dans cette optique, les animaux ont des droits et si nous devons nous en servir nous devons le faire avec diligence et le plus grand respect.
Marc-André Villeneuve, Saint-Elzéar-de-Témiscouata QC
2 novembre 2008
Bonjour!
Je n'ai attrapé que la fin de l'émission. Pourtant un commentaire m'a donné un portrait assez décevant du débat.
Je résume : "Il y a une chose dont on a pas entendu parlé ici aujourd'hui, et c'est la faim dans le tiers-monde. Comment peut-on mettre autant de resources alimentaires pour nourrir les boeufs et autres animaux d'élevage tout en laissant crever des populations entières au tiers-monde?"
Si effectivement, la question n'a pas été abordée, excusez-moi, mais il ne s'agit alors pour moi que d'une table ronde de "petits-bourgeois" qui pérorent en rotant leur burger/frites du midi.
Des bien-pensants bien pesants.
Ne perdons pas de vue des aspects aussi fondamentaux du débat, sinon les questions (et les réponses) sont trop relatives, partielle et partiales.
Denis Clément, St-Camille
1 novembre 2008
Je vais m'efforcer d'écouter votre prochaine émission relative aux « droits des animaux » et éventuellement, je vous reviendrais ensuite sur ce sujet. Je dois dire que j'ai opté pour un régime lacto-végétarien depuis plus de trente ans. Il est vrai que lorsque j'achète une paire de chaussures, je sais qu'on doit tuer des animaux pour me vêtir, c'est pourquoi je m'efforce de faire un usage aussi long que possible du cuir. Pour moi, il ne fait aucun doute que tous les êtres vivants ont une âme et objectivement je croix que toutes les âmes ne sont pas identiques ; ainsi beaucoup d'animaux ont de plus belles âmes que nombre d'humains. Je comprends qu'on puisse faire usage d'animaux pour certaines recherches, notamment «biomédicales», mais nous devons en cette occurrence remercier ces animaux qui donnent leur propre vie pour nous permettre de durer plus longtemps. Aussi, je pense que les animaux ont des droits qui sont importants et rien n'est plus odieux que la cruauté gratuite envers une bête, c'est pratiquement aussi méprisable que la violence et la cruauté envers un enfant. Finalement, je pense que les humains qui croient que nous sommes au sommet de toutes créations évidemment juste après Dieu, qu'ils se trompent. À mon avis entre l'homme et Dieu, il devrait y avoir quelques intermédiaires. Ainsi parmi les mammifères nous sommes parvenu il est vrai à un certain niveau d'évolution... mais de là à considérer tous les autres bêtes comme nos inférieurs. Alors là non! Je revendique le droit d'être une bête humaine.
Serge Drouginsky, Montréal
1 novembre 2008
Dans un cas comme dans l'autre, j'ai l'impression que le arguments sont rarement nuancés. Premièrement, je crois qu'on devrait manger moins de viande. Premièrement, l'humain n'est pas carnivore, ni herbivore. Nous sommes omnivores. On mange de tout , donc on a le choix. De plus, on gaspille. Les animaux aussi d'ailleurs (on a qu'à penser à une meute de loup qui a l'occasion de tuer plus d'une bête, ils mangeront les parties de choix et laisseront le reste derrière eux), mais ce n'est pas une raison pour gaspiller parce que nous avons le choix encore une fois.
Pour ce qui est des animaux de laboratoires, il y en a beaucoup qui meurent avant qu'un article soit écrit et encore plus avant qu'il soit publié, mais c'est un mal nécessaire SI on veut que la médecine progresse. Par contre, je crois que nous avons une vision très anthropomorphiques des animaux, c'est très difficiles aujourd'hui de faire de études sur les animaux à cause de toutes ces règles, même pour le bien de l'espèce. Si on capture un insecte vivant, il faut lui fournir eau et nourriture même si on le plonge dans l'alcool deux minutes plus tard...
Une dernière précision sur la vache qui serait de la végétation stockée sous forme animale. Il faut faire attention avec les mammifères, la majeure partie de ce que nous mangeons est perdue sous forme de chaleur, bien peu est transformé en masse, si l'on compare à d'autres animaux comme les reptiles.
Bref, tuer des animaux? Oui, mais en y réfléchissant un peu avant. Et de grâce un peu plus de gris et moins de blanc et de noir.
Adam Bordeleau, Shawinigan
1 novembre 2008
Donc, pour la petite antilope qui se fait prendre en chasse par un lion, je n'y peux rien. Ça me dérange, mais ma raison peut toujours me dire que c'est la vie, son destin, et que la nature est indifférente. Mais pour nous qui jetons la moitié de nos ressources par les fenêtres par notre surconsommation, et cette industrie sans morale de surproduction dévastatrice, je ne peux et ne pourrai l'accpeter, même rationnellement, SURTOUT pas rationnellement.
C'est exactement dans le même sens que la destruction des ressources naturelles et l'immense problème environnemental duquel nous sommes les seuls responsables.
Lorsque je pense à tout cela, j'ai honte d'être un être humain.
Clyde Paquin, Montréal
1 novembre 2008
Suite au commentaire de M. Lamoureux.
J'adore regarder des documentaires animaliers, voir l'intelligence des animaux de par leur adaptation à la nature me fascine. Je crois que les humains devraient prendre exemple sur eux, au lieu de se croirent si supérieurs. Par contre, quand un lion fonce sur une antilope, je n'y peux rien, je change de poste. C'est émotif. Je trouve la scène trop triste. Je ne dis vraiment pas que j'ai "raison" de le faire mais, c'est plus fort que moi, je ne veux pas voir ça. Surtout lorsque l'on voit un petit s'éloigner du troupeau, et que c'est lui que le prédateur prend en chasse, je deviens tout à l'envers pour un bon moment. Jusqu'à temps que ce qu'il y a à l'autre poste m'ait changé les idées.
"La nature n'est pas cruelle, elle est indifférente" - Richard Dawkins
Je suis parfaitement d'accord avec cet énoncé, et j'ai essayé souvent d'être aussi "indifférent" en voyant une telle scène mais c'est plus fort que moi, ça me boulverse.
Mais ce que je trouve encore PIRE, c'est quand je vois des reportages (en fait je ne les écoutes qu'à moitié) sur les abattoires, les mauvais traitements infligés aux animaux, "l'industrie" de l'élevage, les conditions dans lequelles les animaux sont tenues de leurs naissances à leurs morts, ÇA c'est de la cruauté. Et j'y participe, comme plusieurs autres. Je ne suis pas un spécialiste de la question mais le gavage, les poules que n'ont même pas de pattes, le bétail que l'on entasse dans des lieux beaucoup trop petit, je trouve ça vraiment loin de chasser une proie pour se nourrir et survivre. Ceci est une industrie capitaliste déchaînée qui n'a aucune considération pour la vie, autant celle des animaux, que celle des humains par sûrcroit.
à suivre...
Clyde Paquin, Montréal
31 octobre 2008
Partie 2
Quand on compare l'humain à d'autres espèces, j'avoue que je trouve exagéré qu'on dise qu'il est le seul à infliger de « mauvais » traitements à d'autres espèces.
Quand je vois un documentaire sur les animaux, je me sens toujours attiré, car j'y apprends toujours quelque chose sur les mécanismes de survie du monde vivant, et je m'émerveille de la créativité des moyens développés. Je me demande toujours si les défenseurs des droits des animaux ont déjà vu ces documentaires sur le règne animal ou s'ils n'ont vu que des dessins animés ou des films de Walt Disney?
À mon avis, vouloir empêcher de tuer des animaux, c'est vouloir soustraire l'humain du cycle de la vie sur Terre. L'alternative serait que tous les animaux deviennent végétariens. Si c'était le cas, alors le risque de mourir serait encore plus grand. Il ne suffirait que d'un feu naturel pour éliminer la nourriture. Le fait d'être carnivore, pour certaines espèces (dont l'humain!) permet de diversifier les risques de mourir par manque de nourriture. De toute façon, si une vache se nourrit exclusivement de végétaux, il s'agit donc simplement d'un ensemble végétal transformé et conservé sous une forme plus durable. Ainsi, manger une vache, c'est l'équivalent de manger des végétaux qui ont poussé il y a longtemps! C'est d'autant plus vrai si vous croyez l'adage qui veut que l'on soit ce que l'on mange!
Martin Lamoureux, Québec
31 octobre 2008
Partie 1
Je n'ai jamais compris pourquoi le fait de manger un animal était un manque de respect à la vie. Si les animaux "non humains" devaient respecter cette règle, la plupart mourait. Doit-on aussi essayer de convaincre les animaux de ne pas en manger d'autres? Et que faire s'ils ne nous écoutent pas? Les mettre en prison peut-être ou leur donner des cours sur le respect de la vie? Ou faire des débats et des manifestations en pleine savane pour sensibiliser les lions et les crocodiles?
On dit que l'humain est cruel avec certains animaux. Pense-t-on vraiment que de se faire dévorer vivant par un lion ou un crocodile soit vraiment synonyme d'une mort douce et digne lorsqu'on est une antilope ou un zèbre?
On pourrait dire que l'animal tue par nécessité et que l'humain gaspille la ressource. Pourtant, ce que l'humain laisse après s'être servi est mangé par d'autres animaux (oiseaux, rats, etc.) ou organismes vivants qui, ultimement, décomposent n'importe quelle partie d'un animal non consommé par l'humain. En passant, la plupart des animaux ne mangent pas complètement les autres animaux. Et la nature fait en sorte que rien ne soit gaspillé ultimement.
On pourrait prétendre que l'humain est le seul à sacrifier d'autres animaux pour améliorer ses chances de survie. Pourtant, bien des animaux le font aussi. Tous les mammifères qui doivent traverser un cours d'eau en Afrique savent que certains se feront manger par des crocodiles, mais tous comprennent aussi que sans la nourriture de l'autre côté de la rivière, aucun ne survivra. Et on décide de sacrifier les plus faibles en plus! Il y a même des animaux qui en tuent d'autres, sans même les manger, pour s'amuser ou développer des habilités leur permettant de survivre! C'est le cas des épaulards (killer whales), entre autres, qui le font avec des phoques, et parfois même avec des baleineaux. C'est sans parler de certains insectes qui arrachent la tête de leur partenaire après la reproduction!
Martin Lamoureux, Québec
















