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Jeudi 8 janvier 2009 2 h 51 HNE


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Cet espace de dialogue, de réflexion et de débat d'idées est aussi le vôtre. Nos carnetiers sont là, non pour mettre de l'avant leurs opinions, mais pour lancer une discussion et vous permettre de vous exprimer sur les événements marquants qui surviennent ici ou ailleurs dans le monde. Nous lisons tous les commentaires reçus, mais nous modérons chacun des carnets pour ne retenir que les commentaires les plus pertinents selon les sujets abordés. Seules les interventions signées et faites dans le respect d'autrui sont retenues. Pour en savoir plus, lisez
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Carnet Isabelle Richer

27 novembre 2008

Parents jusqu'au bout


En moins de deux semaines, j'ai assisté à une procession de parents devant les tribunaux, pour diverses raisons, mais au bout du compte, ils se ressemblent tous. Inquiets, malheureux, préoccupés par le sort de leurs fils.  
Le premier cas concerne les parents de ces deux jeunes hommes, accusés de conduite dangereuse ayant causé la mort de la petite Bianca Leduc. Les deux jeunes, âgés de 18 et 19 ans aujourd'hui, ont été arrêtés récemment parce qu'ils ont été surpris ensemble par la police, à 3 heures du matin, alors qu'ils n'avaient pas le droit de communiquer entre eux.  
 
C'était une de leurs conditions de remise en liberté en novembre 2007, après leur mise en accusation. Des conditions qu'ils avaient acceptées. Mais un an plus tard, c'est comme si la mémoire faiblissait... 
 
Résultat, ils ont été arrêtés de nouveau pour « bris de condition » et détenus. La poursuite souhaitait qu'ils restent détenus pour la suite des procédures, plaidant qu'ils ne prenaient pas les ordres de la cour au sérieux. 
 
Après une semaine en prison, le tribunal a fini par les remettre en liberté, non sans les avoir sermonnés et les avoir bien prévenus que c'était leur dernière chance. 
 
J'ai entendu bien des commentaires sur leurs parents, par des gens qui ne les connaissent même pas. Des commentaires sur le fait qu'ils avaient manqué de vigilance et qu'ils n'exerçaient pas de contrôle sur leur enfant.  
 
J'ignore si c'est le cas, mais ce qui est remarquable, c'est que les parents étaient à la cour à chacune de leur apparition. Chaque fois. Les deux parents. Des parents solidaires, aimants, blessés. La mère du plus vieux des deux n'avait qu'une envie, voir son fils rentrer à la maison. Comme si la douleur de le voir détenu et menotté l'emportait sur la colère de le savoir aussi écervelé.  
 
Mère et complice 
 
Cette semaine, une mère qui avait tenté de soustraire son fils à la justice en 2004 a reçu sa peine et elle n'a pas réussi à fléchir le tribunal. Rouba Fahd El-Merhebi demandait une absolution inconditionnelle pour une accusation de complicité après le fait, mais la cour a jugé que cela irait contre l'intérêt public et a imposé une probation d'un an.  
 
En 2004, Mme El-Merhebi, affolée, apprend que son fils est l'auteur d'un incendie criminel terrible, qui a ravagé une école juive de l'arrondissement de Saint-Laurent. Les dommages sont évalués à plus de 600 000 $, la communauté est ébranlée par cette attaque haineuse et la police enquête pour trouver le ou les responsables. 
 
Craignant que son fils soit arrêté et emprisonné, la mère du jeune homme de 19 ans multiplie les démarches pour lui procurer un billet d'avion et l'envoyer à l'étranger. Son téléphone est déjà sur écoute, son fils est suivi par la police et il sera finalement arrêté avant sa fuite. 
 
Rouba El-Merhebi est arrêtée en même temps que son fils.  
 
Le juge a dit cette semaine qu'il pouvait comprendre qu'une mère fasse l'impossible pour protéger son enfant, mais que de tels agissements sont inexcusables, surtout dans ces circonstances assimilables à un attentat terroriste. Ça ne mérite pas la prison, tout le monde s'entendait sur cette question, mais voilà maintenant que cette femme a un casier judiciaire et qu'elle doit se soumettre à une probation. 
 
Lafleur père et fils 
 
On a beaucoup parlé des démêlés du fils de Guy Lafleur avec la justice. Mais ceux-ci ont fini par déteindre sur le père...  
 
Guy Lafleur est venu à plusieurs reprises à la cour pour témoigner en faveur de son fils, même quand le jeune homme a été expulsé du centre de désintoxication où il était traité.  
Toujours, Guy Lafleur et sa conjointe se sont portés garants de leur fils. Ils ont proposé de le reprendre avec eux et de le superviser. 
 
Parmi tous ces témoignages, Guy Lafleur en a livré certains que la poursuite dit « contradictoires ». Ces témoignages lui ont valu d'être lui-même accusé et il doit maintenant se défendre devant les tribunaux.  
 
Est-ce d'avoir fait preuve d'un peu trop d'indulgence envers son fils, en le laissant aller à l'hôtel avec sa copine, alors qu'il devait résider chez ses parents? Est-ce d'avoir omis de le dire à la cour? Est-ce que Guy Lafleur a retenu cette information dans l'intention véritable de tromper la cour?  
 
Quand il avait été confronté à ces divergences de témoignages il y a quelques mois, il avait expliqué que le fait de laisser un peu d'intimité à son grand fils dans la vingtaine lui apparaissait normal en tant que parent. Et que cela contribuerait sûrement à sa réinsertion sociale, puisque c'est bien ce qu'on souhaite, non? 
 
Aujourd'hui, l'air grave, il accompagne encore son fils à la cour dans chacune des procédures... et puis le lendemain, il y revient pour son propre procès.

Vous avez des questions, des remarques ou voulez me suggérer des thèmes que je n'ai pas abordés?

Écrivez-moi à : carnets@radio-canada.ca

Isabelle Richer couvre la scène judiciaire depuis 1992. Au fil des ans, elle a apprivoisé et décodé ce milieu bien souvent hermétique. Elle a aussi contribué à le rendre plus compréhensible pour le public québécois.

Elle a suivi les procès les plus marquants et les plus significatifs de l'histoire judiciaire récente, notamment l'affaire Barnabé, le procès de Valéry Fabrikant, celui de Mario Bastien, les mégaprocès des Hells Angels et ceux des acteurs liés au scandale des commandites. Elle a couvert les procédures criminelles contre le chef de la mafia canadienne, Vito Rizzuto, à New York, les démêlés de Myriam Bédard avec la justice américaine et, plus récemment, le verdict au procès de l'ex-magnat de la presse Conrad Black à Chicago.

Dans ses reportages quotidiens, Isabelle Richer s'emploie à expliquer les enjeux en cause devant les tribunaux, qu'il s'agisse du suicide assisté, des récidivistes de l'alcool au volant, ou encore des libérations conditionnelles hâtives.

Elle a entrepris sa carrière de journaliste à TQS en 1987, après avoir obtenu un baccalauréat en études grecques de l'Université de Montréal. Onze ans plus tard, Isabelle Richer a fait le saut à Radio-Canada à l'émission d'affaires publiques La Facture. Elle y a travaillé de 1998 à 2000. En 2000, la salle des nouvelles de Radio-Canada l'a nommée correspondante au palais de justice, afin de profiter de son expertise dans le domaine de la justice.

Elle a travaillé à l'émission Justice pendant trois saisons. De plus, elle a fait des reportages pour l'émission Tout le monde en parlait, au printemps 2006.

Son expérience lui vaut d'être régulièrement invitée à titre de conférencière aux congrès du Barreau du Québec et à ceux des juges de la Cour du Québec et de la Cour supérieure du Québec. En 2004, elle a prononcé une conférence dans le cadre des Journées strasbourgeoises de l'Institut canadien d'études juridiques supérieures, à Strasbourg, en France.

30 novembre 2008

Ces histoires sont bien tristes, mais il faut faire la différence entre soutenir son enfant dans une épreuve et être complice ou négligeant lorsqu'il doit faire face à la loi. L'apprentissage de tout enfant qui devient adulte doit passer par la responsabilité et par le fait d'assumer ses actes. "Couvrir" son enfant face à la justice n'est pas, à mon sens, un acte responsable pour un adulte qui doit donner l'exemple. Je pense que tout est dans la façon d'encadrer son enfant, dans le bon sens et sans excès, mais en ayant des règles claires qui doivent être respectées par tout le monde. Je serais le premier à trouver cette situation extrêmement difficile, mais pas au point de briser des conditions de la Cour.

Stéphane LaRoche, Delson

29 novembre 2008

Moi je pense qu'il y a des limites à ce que je serais prêt à faire comme parent. Un peu comme l'avocat de la défense qui, sachant que son client est coupable, cherchera les vices de forme dans la preuve de la Couronne... Je n'en ferais pas plus !

Bertrand Léger, St-Gabriel de Brandon

28 novembre 2008

Évidemment, un parent se doit de soutenir son enfant, qu'il soit en accord ou non avec les gestes qu'il a posés et qui ont pu lui occasionner de dures conséquence, à lui et ses proches. Lui offrir un soutien peut sans aucun doute lui donner l'espoir de renverser la vapeur, non pas retourner en arrière, mais faire en sorte que leur enfant sache qu'il peut faire confiance en ses parents et aller de l'avant en prenant ses responsabilités... j'aurais tellement à dire... mais je m'en tiendrai à ce commentaire...

Monique Valois, Laval

27 novembre 2008

On n'ose accuser quiconque, sinon comme vous constater le gâchis de ces pauvres vies, de gens ordinaires comme vous et moi pris dans l'engrenage d'une histoire qui les dépasse.

Alain Lavoie, MONTRÉAL

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2009

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