Mise à jour le mercredi 26 octobre 2005 à 16 h 00

Véritable feuilleton de certaines moeurs politiques, le scandale des commandites fait intervenir de nombreux acteurs des milieux d'affaires, politiques, gouvernementaux et judiciaires.

Les enquêteurs


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Sheila Fraser
Comptable de formation, Sheila Fraser a été nommée vérificatrice générale du Canada le 31 mai 2001. Son rapport sur les activités de commandite et de publicité du gouvernement fédéral est à l'origine des travaux de la commission Gomery.


Extrait vidéo
Portrait du juge John Gomery / Journaliste: Achille Michaud

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John Gomery
Né à Montréal, le juge Gomery a été nommé à la Cour supérieure en 1982. De 1999 à 2004, il occupe également la présidence de la Commission du droit d'auteur du Canada.

Le premier ministre Paul Martin a annoncé la nomination du juge Gomery à la tête de la commission d'enquête sur les commandites le 10 février, immédiatement après la publication du rapport de la vérificatrice générale Sheila Fraser.

Notre biographie de John Gomery

Les élus


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Jean Chrétien
Premier ministre de 1993 à 2003, il a lancé le programme de commandites en 1997, dans la foulée du référendum d'octobre 1995 au Québec. Il a cédé son poste à Paul Martin le 12 décembre 2003.


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Alfonso Gagliano répond aux questions de Patrice Roy, le 25 avril 2005

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Alfonso Gagliano
Élu pour la première fois à la Chambre des communes en 1984, il a été nommé ministre du Travail en 1996, puis est passé aux Travaux publics l'année suivante. À ce titre, il était le ministre responsable du programme de commandites.

En 2002, Jon Grant, un ancien président de la Société immobilière du Canada (SIC), déclare que M. Gagliano a exercé des pressions pour que la SIC embauche certains de ses collaborateurs. Jean Chrétien le nomme alors ambassadeur au Danemark, poste duquel il sera congédié le 10 février 2004, jour de la publication du rapport Fraser sur les commandites.


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Paul Martin
Il a succédé à Jean Chrétien au poste de premier ministre le 12 décembre 2003. Une de ses premières décisions a consisté à mettre fin au programme de commandites. Ministre des Finances dans le cabinet Chrétien, M. Martin affirme qu'il ne savait rien des malversations dans l'application du programme de commandites, puisqu'il était tenu à l'écart par l'entourage de M. Chrétien, à qui il voulait succéder.

Le personnel de l'État


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Jean-Marc Bard
Il a succédé à Pierre Tremblay comme chef de cabinet d'Alfonso Gagliano. Il a admis avoir discuté de projets de commandites avec M. Gagliano et fait des « suggestions » sur les montants à accorder à des événements.


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Charles (Chuck) Guité
Directeur du programme des commandites pendant la période faisant l'objet du rapport de la vérificatrice générale, Charles Guité a été arrêté par la GRC le 10 mai 2004 et accusé sous 6 chefs de fraude et complot pour fraude.

Après une carrière dans l'armée, M. Guité était entré dans la fonction publique, où il était responsable du programme de publicité du gouvernement fédéral. Lors de sa comparution devant le comité des comptes publics des Communes, il s'est montré très critique des conclusions de la vérificatrice générale.


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Marc Lefrançois
Président et chef de la direction de Via Rail congédié le 5 mars. Il avait été suspendu sans traitement le 23 février 2004 par le gouvernement Martin, qui lui avait demandé de fournir des explications sur le rôle de Via Rail dans l'affaire des commandites.


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André Ouellet
Ancien ministre dans les cabinets de Pierre Elliott Trudeau et de John Turner, a été nommé président-directeur général de Postes Canada en novembre 1999. Il a été suspendu indéfiniment, avec salaire, le 23 février 2004, en attendant les résultats d'une vérification comptable sur sa gestion. Il a démissionné de son poste le 12 août 2004.


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Jean Pelletier
Ancien chef de cabinet du premier ministre Jean Chrétien, puis nommé président du conseil d'administration de Via Rail en 2001, il a été congédié le 1er mars, en raison de commentaires sur la vie privée de la championne olympique Myriam Bédard.


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Pierre Tremblay
Ancien chef de cabinet d'Alfonso Gagliano, il a succédé à Charles Guité comme responsable du programme de commandites, avant d'être nommé vice-président de l'Agence canadienne d'inspection des aliments. ll a été relevé de ses fonctions par le premier ministre Martin. Il est décédé en octobre 2004.



Les amis du pouvoir


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Portrait de Claude Boulay/ Journaliste: Alexis Deschênes

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Claude Boulay
Président de l'agence de publicité Groupe Everest. Il a reconnu avoir donné quelque 95 000 $ à la caisse électorale du Parti libéral de 1986 à 2002, d'avoir travaillé pour le PLC lors des campagnes de 1993 et 1997 et pour la campagne de Paul Martin à la direction du parti, en 1990. Le gouvernement fédéral le poursuit pour récupérer des sommes versées pour des services non rendus ou d'une valeur inférieure au montant payé.


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Portrait de Jean Brault / Journaliste: Catherine Lafrance

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Jean Brault
Président de Groupaction, une des principales agences de publicité mentionnées dans le rapport Fraser, M. Brault a été arrêté par la Gendarmerie royale le 10 mai et accusé de 6 chefs de fraude et complot pour fraude. Les accusations se rapportent entre autres à l'épisode des trois rapports quasi identiques présentés au ministère des Travaux publics avec une facture totale de 1,6 million de dollars. Il n'a pas comparu devant le comité des comptes publics, pour des raisons médicales.

Le gouvernement fédéral le poursuit aussi pour récupérer des sommes versées pour des services non rendus ou d'une valeur inférieure au montant payé.


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Portraits de Benoît Corbeil, Jacques Corriveau, Tony Mignacca et Joseph Morselli / Journaliste : Martine Biron

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Jacques Corriveau
Ami de Jean Chrétien, président de l'entreprise Pluri Design, ancien organisateur libéral, il a obtenu des contrats d'imprimerie pour les trois campagnes électorales de Jean Chrétien. Selon certains témoignages, son appui à des agences garantissait pratiquement l'obtention de contrats du gouvernement.


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Portrait de Gilles-André Gosselin / Journaliste: Catherine Lafrance

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Gilles-André Gosselin
Président de l'agence de publicité Gosselin Communications, il a obtenu de lucratifs contrats dans le cadre du programme de commandites.

Le gouvernement fédéral le poursuit pour récupérer des sommes versées pour des services non rendus ou d'une valeur inférieure au montant payé.


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Portrait d'Éric Lafleur / Journaliste: Catherine Lafrance

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Éric Lafleur
Fils de Jean Lafleur, il était chargé des opérations chez Lafleur Communication.

Il a aussi sa propre firme: Publicité Dézert, qui a fourni de nombreux articles promotionnels au gouvernement.


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Portrait de Jean Lafleur / Journaliste: Catherine Lafrance

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Jean Lafleur
Ancien président de l'agence de publicité Lafleur Communication Marketing, qui a reçu pour 65 millions de dollars de contrats de commandites de ministères fédéraux et de sociétés d'État, entre 1994 et 2000.En 2000, il a vendu sa compagnie à Jean Brault, de Groupaction. Il a reconnu que sa femme, sa fille, son fils Éric et lui avaient reçu plus de 12 millions de dollars en salaires et primes, entre 1994 et 2000.

Le gouvernement fédéral le poursuit pour récupérer des sommes versées pour des services non rendus ou d'une valeur inférieure au montant payé.


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Luc Lemay
Fondateur du groupe Polygone-Expour, il a admis avoir donné à Jacques Corriveau, organisateur libéral et ami de l'ancien premier ministre Jean Chrétien, des commissions de 17,5 % sur les commandites décrochées pour le groupe Polygone. M. Corriveau lui aurait permis d'obtenir des contrats d'une valeur de 28 millions de dollars, parfois pour des événements qui n'ont jamais eu lieu.

Le gouvernement fédéral le poursuit pour récupérer des sommes versées pour des services non rendus ou d'une valeur inférieure au montant payé.

Les organisateurs libéraux


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Benoît Corbeil répond aux questions de Patrice Roy et de Pierre Tourangeau, le 20 avril 2005

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Benoît Corbeil
Il a dirigé le Parti libéral du Canada (PLC), section Québec, pendant les années où le programme des commandites a été lancé. Son premier contact politique était Alfonso Gagliano, lieutenant de Jean Chrétien au Québec. Jean Brault affirme que M. Corbeil lui aurait explicitement demandé de contribuer à la caisse du PLC.


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Tony Mignacca
Selon Jean Brault, cet ancien organisateur d'Alfonso Gagliano l'aurait menacé de lui retirer le compte de la société d'État Via Rail si Groupaction ne reprenait pas à son service le lobbyiste Alain Renaud, proche du PLC.


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Portraits de Benoît Corbeil, Jacques Corriveau, Tony Mignacca et Joseph Morselli / Journaliste : Martine Biron

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Joseph Morselli
Ami d'Alfonso Gagliano, ce restaurateur a connu une certaine notoriété lorsqu'une bombe a fait sauter sa voiture en 1989. Selon Jean Brault, M. Morselli lui aurait demandé de lui donner des sommes de 50 000 $ à 100 000 $ en argent liquide pour le PLC.

D'autres acteurs


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Myriam Bédard
Double médaillée d'or olympique en biathlon, elle soutient avoir été forcée de quitter son poste de publicitaire chez Via Rail parce qu'elle posait des questions sur les factures de Groupaction. Elle a refusé d'être mutée chez Groupaction. Elle a témoigné devant le Comité des comptes publics.


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André Gauthier
Avocat de Sept-Îles, il a reçu mandat de retrouver et de récupérer les fonds publics versés illégalement en vertu du programme de commandites. Sa nomination a été annoncée le 10 février, mais il a été écarté du dossier 10 jours après le dépôt d'une poursuite contre certaines agences de publicité.



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