Port méthanier : l'avis de la Régie de l'énergie demandé
Mise à jour le vendredi 7 octobre 2005, 16 h 58 .
Le projet de terminal méthanier Rabaska (archives)
Des groupes environnementaux réclament un avis de la Régie de l'énergie du Québec sur les projets de ports méthaniers.
La Coalition Québec-Vert-Kyoto demande au gouvernement de soumettre les projets de ports méthaniers au même examen que le projet de centrale thermique du Suroît.
Dans une lettre envoyée au ministre Pierre Corbeil, l'organisme réclame un moratoire afin de permettre à la Régie de l'énergie d'émettre un avis sur la justification des projets par rapport aux besoins énergétiques du Québec.
Les groupes environnementaux estiment que c'est à la régie d'évaluer la nécessité pour le Québec de se doter d'un ou plusieurs ports méthaniers.
Trois c'est trop
Simulation informatisée du projet de l'île de Gros-Cacouna
Selon le porte-parole de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, André Bélisle, un seul port méthanier serait amplement suffisant pour compenser la réduction du volume de gaz en provenance de l'Alberta, si le besoin est clairement démontré.
« On ne peut pas imaginer dans nos rêves les plus fantasmagoriques qu'on puisse construire trois ports méthaniers au Québec pour les besoins du Québec. Alors, on doit faire la lumière sur cette question », fait valoir M. Bélisle.
La coalition affirme que la prudence est de mise face au développement de la filière gazière. Le Québec s'exposerait à une plus grande dépendance énergétique et à une augmentation de ses émissions de gaz à effet de serre (GAS).
André Bélisle rappelle que le gaz ne remplacera pas le charbon ou le pétrole et qu'il risque de nuire au développement des énergies propres comme l'hydroélectrique, l'éolien et la géothermie.
Québec-Vert-Kyoto a mené avec succès la bataille contre la centrale du Suroît et estime que la Régie de l'énergie a fait ses preuves avec l'évaluation faite pour le projet du Suroît.
Outre le projet Rabaska à Lévis, des projets de ports méthaniers sont actuellement à l'étude à Grande-Anse au Saguenay et à Gros-Cacouna.
Dans ce dernier cas, Énergie Cacouna a réagi à l'intervention de la coalition en affirmant qu'il appartient au gouvernement de déterminer le processus à suivre pour l'approbation des projets de ports méthaniers.