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Des informaticiens de Gatineau et des policiers de Winnipeg se sont donné un outil pour contrer les cyber pédophiles.
(Émission du 13 novembre 2008) Depuis l'invention d'Internet, la technologie informatique rend la pornographie infantile de plus en plus accessible aux pédophiles.

Chaque jour au moins 200 nouvelles photos à caractère sexuel impliquant des enfants sont ajoutées sur le réseau Internet, selon le Département américain de la Justice. Cette explosion de la pornographie infantile dépasse tout ce que les forces de l'ordre pouvaient imaginer.

Les policiers qui arrêtent un suspect doivent maintenant compiler des centaines de milliers d'images pornographiques avant de pouvoir espérer mettre un coupable derrière les barreaux.

Mais une firme d'ingénieurs en informatique du Québec et une équipe de policiers de Winnipeg se sont données pour but de rattraper le retard que les forces de l'ordre ont sur les cyber pédophiles.

Les policiers canadiens sont mal outillés.

Les pédophiles sont des collectionneurs compulsifs et ils peuvent maintenant emmagasiner des millions d'images d'enfants dans les disques durs de leurs ordinateurs et les policiers sont incapables de recueillir, classer et analyser toutes ces images. Mais une contre-attaque s'organise et son fer de lance est une nouvelle technologie canadienne.

Il y a environ dix ans, lorsque les policiers saisissaient du matériel de pornographie juvénile chez un particulier, l'enquête qui suivait était simple. À cette époque, les pédophiles conservaient leur matériel de pornographie infantile dans des albums et sur DVD. Une fois que les enquêteurs identifiaient le propriétaire des photos, l'investigation se faisait en quelques jours.

C'est en 2001, que la police de Winnipeg prend conscience du nouveau fléau, alors que les autorités américaines mènent une enquête d'envergure, l'opération Avalanche.

Durant cette opération, les policiers américains identifient des dizaines de suspects manitobains, comme étant des acheteurs de pornographie infantile sur le Web.

La police de Winnipeg qui a l'habitude de mener une poignée d'enquêtes chaque année, se retrouve d'un seul coup avec plus de quatre-vingts cas.

De nos jours, grâce à Internet, les pédophiles se créent des réseaux et échangent des milliers de photos avec des gens de partout dans le monde.

Depuis 1997, le volume d'images de pornographie juvénile sur Internet a été multiplié par 15.

Une seule enquête peut maintenant durer une année surtout à cause du long travail de classement des images que l'on retrouve sur les disques durs d'ordinateur.

Sans cette compilation, le tribunal n'entendra pas la cause.

Il s'agit non seulement d'un volume de travail énorme, mais c'est aussi une tâche traumatisante qui attaque l'équilibre psychologique des enquêteurs.

Ces images ont des répercussions la santé mentale des agents. Combien de temps peut-on rester assis à un ordinateur à catégoriser ces horribles photos pour la cour ? Cela prend énormément de temps et c'est très dommageable pour les ceux qui font le travail.

Antoine Normand de la compagnie BlueBear de Gatineau au Québec présente une solution aux policiers de Winnipeg en 2007. Son équipe et lui sont en train de mettre au point un logiciel informatique appelé LACE, qui vise à accélérer le travail des policiers.

Cette technologie amena les policiers à devenir aussi efficaces sinon plus efficaces que les pédophiles.

La police de Winnipeg accepte de tester le nouvel outil.

Lors de la première utilisation du logiciel, les enquêteurs trient toutes les images une par une, en leur assignant une catégorie. Si les mêmes photos reviennent lors d'une enquête suivante, le logiciel les trie automatiquement sans que les policiers n'aient à les revoir une seconde fois. Le logiciel LACE est même capable de reconnaître une image déjà catégorisée dont la résolution, la couleur et le format ont été modifiés.

Le logiciel élimine un pourcentage élevé du travail manuel que doivent accomplir les policiers.

Les policiers de Winnipeg ont travaillé pendant des mois, pour maîtriser le fonctionnement du nouveau système informatique, gardant le contact à tous moments avec l'équipe d'ingénieurs en informatique de Gatineau.

Le nombre de modifications qui a été fait pour compléter le logiciel qui provient des modifications et des demandes de policiers de Winnipeg ont changé une très grande portion du logiciel.

Finalement en août 2008, la police de Winnipeg est la première au monde à faire l'acquisition du nouveau logiciel et à l'utiliser pour toutes ses enquêtes.

Quelques semaines plus tard, la police de Montréal achète aussi le logiciel.

Depuis, plusieurs services de police du monde entier ont démontré un intérêt pour le logiciel LACE.

L'innovation est arrivée trop tard pour sauver leur récente enquête contre un présumé pédophile de Winnipeg. Cette cause a été perdue à la suite des retards dans la recherche de preuves.

Cet échec demeure une grande frustration pour le service de police, mais cela n'arrêtera pas le sergent Bishop et son équipe, de continuer à poursuivre les pédophiles avec une détermination et une efficacité encore plus grande.

 Regardez le reportage du téléjournal Manitoba.