
Serge Savard
Un texte de Jean-François Chabot
![]() Serge Savard |
Né le 22 janvier 1946, Serge Savard n'a que 15 ans quand il quitte l'Abitibi.
Il s'amène à Montréal pour joindre les rangs du Canadien junior, alors dirigé par Roger Bédard. Savard, qui accordera une entrevue à l'émission Au-dessus de la mêlée jeudi soir, joue ses premiers matchs dans la LNH en 1966-1967.
La ligue, qui célèbre ses 50 ans, ne compte encore que six équipes. La première expansion suivra au printemps, après la victoire des Maple Leafs de Toronto en finale de la Coupe Stanley, leur dernière. Lors de l'exposition universelle de Montréal, c'est au pavillon de l'Ontario qu'il faut se rendre pour admirer le Graal du hockey.
Savard aura maintes occasions de se reprendre. Dès l'année suivante (1968-1969) sa première saison complète, il remporte la première de ses huit coupes, aux côtés des Jean Béliveau, Henri Richard, Jacques Lemaire, Jean-Claude Tremblay, Lorne Worsley, Yvan Cournoyer et compagnie.
Comme si cela ne suffisait pas, on lui décerne le trophée Conn Smythe à titre de meilleur joueur des séries.
Dures épreuves
Tout n'a pas été rose dans la carrière de celui que l'on a surnommé le « Sénateur ». Lors d'un match face aux Rangers de New York, en 1970-1971, une vilaine chute l'entraîne contre le poteau d'un but.
À cette époque, des tiges de métal profondément ancrées dans la glace retiennent le filet. Résultat: la jambe gauche de Savard est fracturée en cinq endroits.
Trois mois et trois opérations plus tard, il revient au jeu. Mais la malchance s'acharne et il se brise la même jambe moins d'un an plus tard. Il reviendra plus fort et plus déterminé avec, en prime, une deuxième Coupe Stanley.
En 1972, il participe à la Série du siècle. En l'absence de Bobby Orr, blessé à un genou, il contribue de brillante façon à la victoire historique du Canada contre l'Union soviétique.
Dominant
Le reste de la décennie porte aussi son empreinte. Au coeur du fameux « Big Three » avec Guy Lapointe et Larry Robinson, il fait de la brigade défensive du Canadien une unité capable de museler l'adversaire tout en alimentant une attaque dévastatrice.
![]() Ken Dryden parle de sa confiance en Serge Savard. |
Son contrôle de la rondelle et sa présence physique en font un élément clé de cette équipe montréalaise qui rafle tout sur son passage.
En 1979, Savard est le capitaine quand le Tricolore décroche une quatrième coupe d'affilée, une sixième en 10 ans. Ce sera la dernière de Savard en tant que joueur. Cette année-là, il reçoit le trophée Bill Masterton, en hommage à sa persévérance et à sa détermination.
Il terminera sa carrière de joueur en disputant deux saisons, de 1981 à 1983, dans l'uniforme des Jets de Winnipeg.
Le patron
Un an plus tard, il revient dans le giron du Canadien en succédant à Irving Grundman au poste de directeur général. Au printemps 1986, l'équipe soulève la coupe et, l'automne venu, Savard est intronisé au Temple de la renommée.
Savard inscrira son nom sur la coupe Stanley une dixième et dernière fois en 1993. Le Tricolore et ses partisans ne l'ont pas revu depuis.
Congédié au début de la saison 1995-1996, Savard se consacre depuis au milieu des affaires. Il réussit avec brio dans le monde de l'immobilier.
Les mérites du « Sénateur » ont aussi été reconnus par le milieu politique. Il a reçu l'Ordre du Canada en 1994, et l'Ordre national du Québec en 2004.